Fretay mouvant d'Orsay et du Plessis-Pâté

Extrait du plan terrier de Nozay

Juin 2008

J.P. Dagnot

C. Julien

Chronique du vieux Marcoussy

 

 

 

Cette chronique est la seconde partie de l'histoire du fief de Fretay, de nos jours hameau de la commune de Villejust (cant. Villebon, arr. Palaiseau, Essonne). Ce texte concerne le fief mouvant d'Orsay et celui mouvant de Leuville et relevant du Plessis-Pâté. Rappelons que Fretay est esquissé par l'abbé Lebeuf si ce n'est que pour nous dire «  La Frete ( ?) est aussi un hameau de Villejust peu éloigné de la Poitevine, et ayant quelques maisons de plus  ».

 

Dans le récit précédent, nous avions développé le fief relevant de la seigneurie de Marcoussis. Nous avions vu qu'au sortir de la guerre de Cent ans, les granges de Fretay appartenaient au prieuré de Sainte-Catherine-du-Val-des-Escolliers dont le prieur avait confié les biens à un fermier (1). En partie usurpé par des hommes d'affaire, le fief avait été finalement vendu en 1500 au seigneur de Marcoussis. Le fief représentait 264 arpents de terres labourables dans la mouvance du Roi à cause de sa châtellenie de Montlhéry. Ainsi, la plus grande partie du plateau de Villejust-Nozay relevait de Marcoussis.

 

 

Fretay dans la mouvance de Ste Catherine puis d'Orsay

Nous avions vu que le «  fief et manoir de Fretay où il y avoit grange, bergerie, estable, cour et jardin, le tout en ruine  » était, en 1464, aux mains des religieuses de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers. Les terres «  tant en labour qu'en friches [et le fief] nommé lhostel de Ste-Catherine  » sont affermées par Pierre Fretel à Jehan Baudet, laboureur natif du Limousin, «  délaissé pour quinze septiers de grain à porter en lhostel parisien dudit Fretel  ».

Dans l'inventaire des titres du 23 mai 1594, les lods et vente concernent les biens ceddés et transportés par les religieux de ste Catherine à noble homme Charles Bouchet sur les villages d'Orsay, Mondétour, Bures, Gometz, Villeziers, Viviers, Villejust et Fretay. Ainsi nous trouvons, en 1374, le moulin de Launoy, assis en la paroisse d'Orsay, avec «  bail à titre de pur chef-cens à Georges Gervais pour cour, place, jardin, moulin avec le droit de chasse & des bannals d'icelluy moulin  » ; en 1499, le fief de la granche de Fretay & 50 arpents de bois, le fief de Villehiers et ses appartenances ; en 1307, le fief de Viviers Montgay. En date du 1464, la veuve Fretel doit une rente hypothéquée sur «  l'hostel & manoir de Fretel assis en la paroisse de Villejust ou soulloit avoir granche, estables, bergerie, cour et jardin, terre labourable, prez, pasture, aulnoys et boys, deppendances  ». L'année suivante, est déclaré le «  fief appelé les Moulins prés les boys appartenant à Pierre Poussepin, secrétaire du roy, et lui avoir cédé droit de justice moyenne & basse sur ledit moulin assis à Orsay & ses environs .... ».

Au fief de Fretay mouvant de Marcoussis était attachée une rente annuelle 40 sols parisis qui avait été constituée au profit du prieur du couvent de Sainte-Catherine du Val des Écoliers. Lors de la vente de 1580, Louise de Balsac, cédant le fief de Fretay à son frère François, déclare que ladite rente est payée au seigneur d'Orsay dont 50 arpents sont dans la mouvance.

Dans la complexité féodale, il y avait des erreurs d'appréciation mais aussi, sans aucun doute, des oublis qui étaient teintés de mauvaise foi. Le 25 juin 1599, faute d'hommage, droits et devoirs non faits et non payés, le seigneur d'Orsay fait requête et saisie de plusieurs fiefs relevant de sa seigneurie : le fief de Fretay appartenant à François de Balsac, le fief de Viviers appartenant au sieur de Trigny et le fief de Villeziers appartenant au sieur de Trigny dépendant du chevalier de Cheverny. Etant malade, François de Balsac envoie, le 3 janvier 1602, son procureur Damien Dehirebec capitaine du château de Marcoussis pour présenter foi et hommage au seigneur de Maudetour pour son fief de Fretay qui contenait 50 arpents de terres. Il semble que cet acte éteignit le contentieux précédent.

Le 29 janvier 1603, Charles Boucher, seigneur d'Orsay , rachète les droits des religieux de Sainte-Catherine- du-Val-des-Écoliers , et c'est à lui que sont présentés la foi et hommage avec paiement de cinq ans d'arrérages en raison du «  fief de Maudestour pour le fief hostel seigneurie de Fretel séant en la paroisse de Villejust  ». Cet acte nous apprend donc que le toponyme du hameau a varié depuis la Ferté , la Frète , Fretel , puis Fretay .

De nombreuses mutations eurent lieu aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les fiefs changeant de mains au gré des successions et des ventes nobles. Le 16 décembre 1779, le fondé de procuration de la comtesse d'Esclignac présente foi et hommage au comte d'Orsay pour le fief de Fretay. Le fief consiste en 12 livres de cens et rente seigneuriale sur plusieurs maisons et bâtiments, cour, jardin et cinquante arpents de terre.

Depuis 1775, tous les seigneurs font produire leurs papiers à terriers et les arpenteurs parcourent la campagne pour leurs relevés en vue de dresser les plans terriers. Les roturiers et tenanciers sont invités à renouveler leurs déclarations censuelles. Le seigneur d'Orsay et de Courtabeuf envoie son papier pré-imprimé le 30 août 1782 avec les titres adressés à la Comtesse d'Esclignac. L'aveu fait par la Comtesse au seigneur d'Orsay, concerne le fief consistant en cinq maisons et 57 arpents de terres. Cet aveu est présenté par Nicolas Ledur, commissaire à terrier et fait mention des deux fiefs de Fretay mouvants d'Orsay et de Plessis-Sebbeville et aussi du bureau à terrier établi au château de Marcoussis (2).

Le 3 juillet 1786, Nicolas Le Dure, commissaire aux droits seigneuriaux, fondé de procuration de la dame de Marcoussis, pour éviter à ses censitaires de fournir leurs déclarations sèches de leurs héritages situés dans les fiefs de Fretay et la Poitevine dont Elisabeth Chevalier, dame de Marcoussis, est propriétaire , les possédant en l'étendue de la haute, moyenne et basse justice de Villejust dont le seigneur est Benoist Marie de Montessuy, ordonne de faire la déclaration présente avec leurs biens. Il est précisé qu'il s'agit de:
- l'ancien fief de Fretay, mouvant du Roy à cause du comté de Montlhéry, représentant 264 arpents de terres labourables.
- le fief de Fretay, mouvant du seigneur d'Orsay, représentant 57 arpents avec maisons et jardins.
- le fief de Fretay, mouvant du Plessis-Sebbeville, qui consiste en plusieurs maisons et 196 arpents.

 

Fretay mouvant de Leuville qui relève du Plessis-Pâté

C'est l'aveu et dénombrement du 28 juillet 1408 qui nous apprend que Thomas de Brétigny est vassal de demoiselle Marie Pasté, dame du Plessis. Le fief comprend un hôtel ou manoir appelé le fief de Fretay avec le jardin et un sillon de terre au dessous du jardin, tenant aux terres des Vaux des Écoliers et 40 arpents devant la porte des champs dudit hostel, tenant au sentier de Villiers sous Nourroy. Ici il s'agit bien d'un arrière-fief dans la mouvance du Plessis-Pâté. Cette seigneurie avait été fondée par Guillaume Pasté, chevalier et homme-lige de Philippe Auguste. Au mois d'octobre 1317, Jean Pasté, évêque de Chartres était devenu seigneur du Plessis en considération de l'attachement et de la fidélité qu'il avait eu envers le roi Philippe V. Marie la Pâtée qu'on dit avoir été nièce de Jean, prenait pareillement le titre de dame du Plessis-Pasté en 1405.

Le 11 juillet 1459, les fameuses douze livres de cens et rente foncière sur deux cent arpents de terres à Fretay fait l'objet d'un nouvel acte notarié passé devant François Granger, notaire. C'est noble homme Jean le Boutillier, seigneur de Villebouzin, fondé de procuration de Marguerite de Brétigny, veuve Rigault, qui s'adresse à Barthélémy de Forges et Jean son fils pour :
- une masure où y avoit jadis maison à demeurer, cour, grange, coulombier appelé l'hostel de Fretay,
- avec 200 arpens de terres quy estoient lors en friches sis audit lieu,
- 11 arpens en la prairie de Longpré de la Poitevine , en la paroisse de Villejust,
- dix arpens de bois dans le bois de la dame, au plus près dudit Fretay en une pièce size entre la justice de Folleville.
Cette rente a appartenu plus tard au marquis d'Entragues qui l'avait achetée au marquis de Leuville. On note ici, encore une fois, la situation du pays suite aux malheurs de la guerre de Cent ans. Le notaire mentionne bien 200 arpents en friche ; c'est considérable! On peut penser que tout le plateau de Nozay-Villejust est dans le même état. Désormais, des chantiers porteront, dans leur toponyme, les stigmates de cette période, comme le Pâtis du Bois , le Champ de l'Épine , etc.

Dans cette seconde moitié du XVe siècle, la soumission des vassaux au seigneur dominant du Plessis est faite. Le 14 août 1462, devant les notaires Billery et Moustier, messire Jehan Clérebourg rend foi et hommage à demoiselle Marguerite de Brétigny, dame de Fretay et de la Poitevine, veuve de messire de Fontaine, capitaine de Compiègne. Le fief et seigneurie de Villevant et autres héritages tenant en partie et en censive à cause de ses dites terres sont concernés. Le 17 avril 1464, Jean de Courtaleu rend foy et hommage à Rogerin Blosset, seigneur du Plessis.

 

 

Généalogie simplifiée de la famille Olivier, seigneurs de Leuville.

En mars 1488, c'est la déclaration de foy et hommage par Jehan de Blosset de la part de messire Etienne Olivier pour raison du fief de Fretay (3). La réception est faite au suzerain par le fils de Jacques Olivier qui vient de décéder quelques semaines plus tôt. La famille Olivier était d'origine roturière. Jacques, natif de Bourgneuf partit à Paris en 1466 tenter sa chance parmi les "gens de robe". Anobli par Louis XI, il devient avocat puis président du Parlement de Paris. Marié à Jeanne de Noviant, il reçut de son beau-père, la seigneurie de Leuville puis celle du Coudray (cf. la chronique "Les seigneurs de Leuville").

Le procès-verbal de 1519 concerne l'estimation des biens de la maison de Leuville ; les deux fiefs de Fretay et la Poitevine sont déclarés et mentionnés. Dans les minutes des partages successifs, parmi les biens qui se sont trouvés dans les successions des «  deffunts seigneurs de Leuville  », nous trouvons qu'en 1523, 1561 et 1597, «  les fiefs de Fretay & la Poitevine les appartenoient et qu'ils avoit été baillé à toujours moyennant 18 livres de rentes foncières  ». Le 18 mai 1534, l'acte de foi et hommage est rendu à messire Jean de Blosset par messire François Olivier, seigneur de Leuville, pour son fief de Fretay sis à Villejust. François Olivier, fils de Jacques II est un personnage important, après avoir été conseiller au Parlement, maître des requêtes, puis président à mortier, il fut nommé chancelier de France par François 1er en 1545. Le chancelier avait hérité de son père Jacques II Olivier et était en indivision avec ses frères Antoine et Jean.

Au mois d'août de la même année, Jehan Ollivier décède, de son vivant chanoine de Notre-Dame de Paris et archidiacre de Blois. Un nouvel acte de foi et hommage est passé par «  Noble homme et saige Maistre François Olivier, conseiller du roy nostre sire en son grand conseil et chevallier de son ordre d'une part, et noble et saige maistre Anthoine Olivier seigneur de Villemarêchal les dits François & Anthoine frères du costé paternel de feu noble,et discrette personne maistre Jehan Olivier d'autre part, lesquelles partyes recongnaissent que par le trépas dudit deffunt Jehan Olivier leur frère ... », les fiefs de Leuville, de la Roche et moulin d'Aulnoy et autres terres tant en fiefs que rotures situés en la châtellenie de Montlhéry et baillage d'Estampes «  desquelles terres rentes qui estoient propres audit deffunt maistre Jehan Olivier du costé du père, leur reviennent par moitié  ». Les héritiers font les échanges quisuivent :
- ledit
Anthoine Olivier délaisse à François les fiefs & terres de Leuville, Fretay, la Poitevine, la Roche et le moulin d'Aulnay, le Couldray & le Petit Paris,
-
ledit François
délaisse à Anthoine les fiefs du Fay, Labare et la Couldraye avec tous les cens rentes, paroisses de Fayet, Chailly, la ferme d'Auxemotte et la terre de Perthes-en-Gastinois.

Messire le Chancelier décède le 28 mars 1560 et selon la coutume de Paris qui oblige de rendre foi et hommage dans le temps de 40 jours, devant Roger, notaire au Châtelet, Messire Jean Olivier rend foi et hommage le 27 mai tant pour lui que pour sa sur pour raison du fief de Fretay mouvant du Plessis-Pâté.

Les devoirs féodaux se succèdent le 23 août 1586 par un aveu et dénombrement passé par messire Jean Olivier, chevalier, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, seigneur de Leuville et du fief de Fretay à Messire Jean de Blosset, chevalier des deux ordres du roy, conseiller d'estat, seigneur du Plessis. Devant le notaire royal Bligny, le vassal confesse et advoue tenir ledit fief de Fretay en la paroisse de Villejust, consistant :
- Premièrement, en un hameau appelé Fretay où sont plusieurs maisons, masures, cour, jardin le tout contenant 3 à 4 arpents,
- Item, consiste mondit fief en 49 arpents dans une pièce vulgairement appelée les 40 arpents, sur laquelle sont les maisons de Desforges, 9 arpents dans une pièce de 60,
- Item, 3 arpents de prés siz à Longues Prez tenant au chemin de Paris à Briis et d'autre au fief de la Poitevine.

Au début de l'été 1597, la dame du Plessis disparaît et Louis de Montbron , demeurant à Saint-Jean d'Angély, fils héritier de feue dame Claude de Blosset, sa mère, héritière de feu Jean de Blosset passe aveu et dénombrement, devant Beauperrin, notaire royal accrédité. L'aveu présenté à messire François, seigneur de Sucy, pour raison de la terre et seigneurie de la Mothe et chastel du Plessis, consiste en :
- un chateau composé de deux grands corps d'hotel, corps de chapelle, colombier et jeu de paulme , le tout couvert de thuiles et ardoises, cour pavée enclos de fossés à cuve de poissons, pont-levis, basse cour, étable, pressoir, jardin clos de murailles,
- un moullin à vent devant le portail de la basse-cour, sur le chemin de Chastres à Brétigny,
- 3 arpents en bâtiment, 303 en terre, 3 en fossés, 8 en jardins et 167 en bois taillis,
- 11 boisseaux de grain et deux chappons à prendre sur 622 arpents en censive,
L'aveu et dénombrement du vassal mentionnent précisément les fiefs et arrière-fiefs :
- le fief de Lunezy, consistant en un hotel, chambre basse, cuisine, four, étable, grenier, grange, bergerie, cellier, étables, écuries, et 152 arpents de terres,
- un arrière fief nommé le fief de Fretay, consistant en un hotel et manoir avecques jardin, 49 arpents de terres et 3 de prés, que tient Messire Jehan Ollivier, seigneur de Leuville

- le fief de la Mothe à Chastres ledit ayant appartenu à Loys de Graville.

 

Les laboureurs de Fretay

En octobre 1489, une rente annuelle d'un muid de blé est constituée par Jean Desforges l'aîné, laboureur demeurant à Fretay, au profit d'Antoine Roland, marchand à Paris. La rente est hypothéquée sur une maison, cour, grange, bergerie, étable à Fretay tenant au chemin de Dourdan à Paris, au chemin de Saint-Clerc de Gommetz à Montlhéry , au chemin de Marcoussis à Paris et aux terres de Sainte-Catherine et sur cent arpents de terre à Fretay et Villejust et cinq arpents de prés. Une douzaine d'années plus tard, devant le tabellion en la prévôté de Gometz, Jehan lesné et ses frères et surs Jean le jeune, Antoine, Agnès, Alison, Catherine procèdent au partage de la succession de leur père Barthélemy de Forges. Jean prend «  lhostel et terres de Fretay après les avoir dessolé et mis en nature & iceux labourés avec son père  ».

Le 5 octobre 1530, Jehan Desforges l'aisné, laboureur demeurant à Fretel, paroisse de Villejust, confesse avoir vendu à Symon Lenormand procureur au Châtelet «  ung arpen dans une pice de deulx  » acquis de Jehan Boutilliers son beau frère en la justice de Leuville et en la censive du seigneur de Marcoussis.

En juillet 1569, nous assistons à des échanges entre «  noble homme  » Pierre Poussepin, notaire et secrétaire du roy, demeurant à Paris et François Noblet, marchand de Montlhéry et Françoise Lehoux sa femme, âgée de 25 ans. Françoise cède la moitié par indivis de la succession de Jehan Lehoux et Marguerite Denisot, ses père et mère de 26 arpents de terre en plusieurs pièces assis des terroirs du Viviers, Fretel et environs fait par le prévost de Montlhéry entre Guillaume de Mitte et Marguerite Denisot auparavant femme dudit Lehoux, et Jehan Divry tuteur de ladite Françoise et de Jehan Lehoux, son frère en censive du seigneur de Neufville, d'Entragues et Montagu. Le sieur Poussepin en contre échange cède 20 livres tournois de rente annuelle à prendre sur une maison, rue Saint-Martin à Paris, à charge par le couple Noblet de faire le partage des 26 arpents avec le tuteur du «  myneur  » Jehan Lehoux. Le même jour, le couple Noblet vend à Jacques Bertault, marchand parisien, la rente de 20 lt moyennant 240 livres .

Vers 1574, les laboureurs demeurant à Fretay sont les Mainfroy, Desforges et Breton. Mainfroy confesse devoir payer l'équivalent de cinq boisseaux de bled à Jacqueline de Marle, veuve de Pierre Le Maistre, en son vivant notaire et secrétaire du roy et greffier de ses comptes. Cette dame agit en tant que procuratrice de Jacques de Clerc et de Loyse de Balsac. Le mandataire des seigneurs avait fait saisir les terres. Trois ans plus tard, nous retrouvons les laboureurs demeurant à Fretay et la Poitevine passant obligation devant le notaire Contesse. Ce sont Pierre Mauduit, Gilles Arsac, Augustin Rathuys, Michel de Forges, Simon Baudet et Marguerin Guezard, tous solidaires pour la rente de 9 muids de grain. Le contentieux porte sur trois années d'arrérages de rente dus au profit de Jacques d Clerc, chevalier, et Loyse de Balsac, son épouse, dame dudit Fretay. Gilles Arsac agit comme commissaire remplaçant le deffunt Tossaint Arsac, son cousin et à la requeste de Philippe Passart, marchand, tous «  de leur bon gré confessent devoir à la dame dudit Fretay absente 9 muids de grain deux parts bled le tiers avoyne  ».

À la fin du XVIe siècle la famille Desforges est toujours présente à Fretay. Le 4 juillet 1594, Marguerin Desforges, vigneron de Fretay, paroisse de Villejust, confesse qu'il est héritier en partie de Gassot Desforges, son père. Il est redevable «  d'un escu de rente sur une maison de deux espasses, ung arpen tenant au sieur Poussepin au sieur de Montagu et au chemin tenant de Viviers au moullin à vent de Marcoussis  ».

Le 11 mars 1617, un titre nouvel est passé par devant de La Marche par «  Messire Gabriel Boucher curé de Viljust et plusieurs autres particuliers propriétaire et détempteurs des héritages cy après déclarés faisant partie de 221 arpens tant terre que prés et que sur la totalité desdits lieux  ». Il s'agit de 12 livres de rente hypothéquée sur les héritages constitués de terres labourables, prés et bois situés dans la censive du «  grand hostel de Fretay  » appartenant à Messire Jean Ollivier, marquis de Leuville. Les censitaires du seigneur du grand hostel de Fretay mentionnés dans l'acte sont Royer, Brethon, Desforges, Persault, Arsac, Liger. François Hanias demeurant au grand moullin de Bures, héritier de Nicolas Hanias son père est aussi parmi les déclarants.

à suivre ... jusqu'à la révolution

 

 

Notes

(1) Venant de Troyes, les Frères du Val-des-Écoliers furent autorisés à s'installer à l'extérieur des remparts dans le quartier du Marais sur un terrain de 3 arpents donné par Cibois, bourgeois de Paris. Dès sa fondation en 1229, le prieuré de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers est richement doté. Thomas de Châtres, puis Philippe de Massy en furent les prieurs au XIVe siècle. Des religieux furent détachés pour prendre possession du Val-Saint-Éloi dans la paroisse de Chilly, près Longjumeau. Jean IV Nervet, religieux du Val-Saint-Eloi devint aumônier ordinaire de Louis XI en 1474. Il dirigeait encore ce monastère en avril 1499 quand il aliéna une partie du fief de Fretay à Louis Malet de Graville.

(2) Elisabeth Thérèse Chevalier, plus tard comtesse d'Esclignac avait épousé Charles Louis Frédéric Kadot, comte de Sebbeville. Devenue veuve en 1734, elle se remaria à Charles Louis de Preissac de Marestang, comte d'Esclignac qui mourut en avril 1777. Elle avait acheté la seigneurie de Marcoussis en 1751. De ce fait, elle réunissait sous le même titre tous les fiefs et arrière-fiefs mouvants de Marcoussis et du Plessis-Pâté devenu le Plessis-Argouges, puis Plessis-Sebbeville.

(3) Au XVe siècle, la seigneurie du Plessis était dans les mains de Jean II de Blosset, fils de Guillaume le Borgne, chambellan du roi Louis XI. Son petit-fils Jean IV de Blosset l'était pareillement sous Charles IX et Henri III. La sur de ce dernier porta après lui cette terre à Louis de Montberon qu'elle épousa en 1553.

 

 

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