Les ancêtres montlhériens de Jean-Jacques Rousseau

Juin 2008

C. Julien

Chronique du vieux Marcoussy

 

 

Chacun connaît le célèbre philosophe genevois, auteur, entre autres, du Contrat Social et de La Nouvelle Héloïse (1). En compulsant les bulletins de la Société d'Histoire du protestantisme français publiés au début des années 1900, nous découvrons que les Rousseau sont originaires de Montlhéry et de Linas. Voilà le thème de cette chronique.

 

 

Les huguenots Linois en exil

Dans le bulletin de 1904 nous lisons : «  Une tradition accréditée chez quelques-uns des descendants d'Elisabeth Chaboux, née Rousseau, morte à Grandson dans le pays de Vaud, le 15 octobre 1769, et de sa belle-fille Jeanne Chaboux, née Rousseau, voulait que l'une et l'autre de ces dames fût de la famille de Jean-Jacques Rousseau, et que dans leur postérité, en conséquence, chacun fût en droit de compter le philosophe de Genève au nombre de ses parents  ». Ces deux dames Chaboux descendent de protestants français réfugiés dans le pays de Vaud aux environs de l'année 1700 (peu de temps après la révocation de l'édit de Nantes).

Il s'agit de Jacques Rousseau, réfugié à Ponthalaz puis à Grandson qui était originaire de Linas. Trois pièces attestent cette assertion :
• l'acte de mariage célébr
é en 1729 à Genève où, épousant Isaïe Briet, bourgeois de Genève, Louise-Charlotte Rousseau est dite «  fille de Jaques Rousseau, François, réfugié de Linas aux environs de Paris  »,
• l'ac
te de décès de Grandson à la date du 8 juillet 1733 «  Elisabeth Courtan, femme de Jaques Rousseau réfugié de Linois aux environs de Paris  »,
• un certificat de baptême du 25 mai 1735signé du p
asteur Curchod «  Elizabeth, fille de Jaques Rousseau, réfugié, de Linois, diocèse de Paris, a été présentée au saint batême dans l'église de Penthalaz, le 10 janvier 1706  ».

Elisabeth Rousseau était la femme de Claude-François Chaboux, bourgeois de Grandson dont elle eut un fils Jean-Pierre-Louis qui épouse à une demoiselle Jeanne Rousseau. Elisabeth est morte le 15 octobre 1769. Jacques Rousseau n'est pas de la postérité de Didier Rousseau, mais pourrait être de la parenté du fameux philosophe.

On peut dire qu'il y eut deux grandes vagues d'exil des protestants de France. La première vague eut lieu principalement au milieu du XVIe siècle quand commencèrent les persécutions des huguenots. La seconde vague d'exilés se forma après le 18 octobre 1685, quand Louis XIV, décidé à extirper l'hérésie protestante de son royaume, révoque l'Édit de tolérance signé à Nantes par son grand-père Henri IV en 1598. La religion réformée est mise hors la loi. Les chemins de l'exil mènent les huguenots. À aucune époque, Genève ne reçut autant de réformés sortis de France qu'après la révocation, tout en se montrant plus avare de faveurs envers eux (2). Cette petite république fut épouvantée du langage de Louis XIV et des mesures coercitives qui l'accompagnaient. Ainsi les réfugiés s'éparpillèrent dans tout territoire du canton de Vaud ; ce que firent les cousins Rousseau.

 

 

 

Le quartaïeul de Jean-Jacques Rousseau

Revenons aux ancêtres montlhériens de Jean-Jacques ; il s'agit de Didier Rousseau, son quartaïeul. C'est, en effet, de Montlhéry qu'est originaire Didier Rousseau, la souche de Jean-Jacques. L'auteur de l'article mentionne «  il y aurait eu, dans la contrée dont Montlhéry est le centre, une "race", comme disent les généalogistes trop rares qui s'occupent des familles villageoises, des Rousseau attachés au protestantisme  ».

Nous n'avons que peu d'information sur la famille Rousseau à Montlhéry, si ce n'est que le père de Didier est Antoine Rousseau qui décéda en 1555. Mais, nous pouvons imaginer que le fils continua le métier de ses ancêtres, marchands de vin. La famille Rousseau tenait certainement un cabaret à Montlhéry. Nous trouvons, en 1529, Louis Rousseau qui apparaît comme un homme aisé, tenant en roture de nombreuses terres et vignes dans les censives du prieuré de Longpont et de l'Hôtel-Dieu de Paris.

Didier Rousseau quitta la France en 1549 «  pour cause de religion  », alors que Jacques, un petit cousin, dont il était question plus haut, se réfugia en Suisse 150 ans plus tard. Nous lui connaissons deux femmes : Marguerite (on ignore son nom de famille) qui vivait encore en octobre 1568 et Mie Miège qu'il épousa le 13 novembre 1569.

Plusieurs documents attestent de l'origine de Didier Rousseau, qui proviennent du Livre des habitants et le Registre des affaires criminels et consistoriaux de Genève. Les Rousseau sont marchand de vin, c'est-à-dire cabaretiers à Genève. C'est Didier qui ouvrit une boutique, à l'enseigne de La Main , pour «  vendre vin  ». Didier avait reçut les droits de bourgeoisie et payait, à ce titre, une taxe assez élevée, qui semble-t-il était en relation «  avec ses bonnes affaires  ». Le Livre des Bourgeois de Genève laisse apparaître qu'il avait joint ou substitué le commerce des livres à celui du vin «  1555, 22 avril, Didier Rousseau, filz de feu Anthoyne, de Paris, librayre, 20 escus 1 seillot  ».

 

Le registre des habitants donne un numéro à chaque individu qui devait prêter serment lors de leur réception à l'habitation «  le 15 octobre 1549, Didier Rosseaux, natifz de Montrichery lès Paris en France, marchant, a suplyé et admis  ». Didier porte le numéro viij à la date du 24 juin 1550 quand il prête sermant avec 33 autres personnes. «  Mardi 15 octobre 1549. Didier Rousseau, de Montlechery, lequel a requis luy permectre habiter en ceste cité comme les aultres, et vendre vin ; et aussi permectre que puisse mectre une enseigne de " la Main ", et le libérer comme dessus. Arresté que, en signat sa supplication, qui soit permis de habiter ; et quant à la reste, que il soyt advisé si luy doibt estre permis  ».

L'été 1568 fut très chaud sur les bords du lac Léman. Au cours du mois d'août, une épidémie sévit à Genève que certains appellent «  peste  ». Les mesures d'hygiène publique prises dans un tel cas imposent un isolement total «  la quarantaine  ». Le Lundi 16 août 1568, il est accusé «  d'aller par la ville et en la bocherie et de mander sa femme qui pensoit la malade  » alors que sa servante était infectée de peste et qu'il disait aux voisins que «  sa dite servante estoit aux champs, combien qu'elle estoit malade, comme dit est, en la ville  ». Le couple Rousseau fut arrêté par le sieur lieutenant criminel et mis en prison «  pour les chatier comme ilz méritent  ».

Le 21 septembre 1568, Didier Rousseau et sa femme «  iceux estans chargés par informations de s'estre tous deux meslés par ville, et avoir donné à boyre aux paysans, nonobstant qu'ils eussent une servante malade dès azzez longtems : arresté qu'ils en respondent en prison  ».

Le 30septembre 1568, Didier Rousseau et Marguerite, sa femme, furent mis en prison «  détenus pour s'estre meslés par ville, ayant en leur maison leur servante malade ; et de mesmes, ne laissoient pas de vendre du vin, combien que luy l'eust nyé, arresté qu'il soit condamnés à crier mercy à Dieu et à Messieurs , et à trente escus d'amende, et renvoiés en Consistoire  ».

Le registre du Consistoire, du jeudi 7 octobre 1568, mentionne que «  Didier Rousseau, appelé pour la faulte de laquelle il a respondu ès prisons, pour avoir caché la malladie d'une sienne servante, et s'estre meslé parmy les aultres, au dangier et scandale de plusieurs ; a dict que sa servante fut mallade le mercredy, et que de tout ceste sepmaine, il n'y fut que une nuyt. Confesses qu'il se retira au village avec Pierre Reclan, pensant toutesfois que la dite fille ne fut frappée de mal dangereux. On a ranvoyé ledit rousseau à jeudy, auquel jour il fera comparoir sa femme  ».

Sur le même registre du Consistoire le jeudi suivant, le greffier inscrit «  Didier Rousseau, Marguerite sa femme, appelez suyvant l'arrest dernier. La dicte Marguerite a dict que, sur ce que on a la charge d'avoir dict à ses voisins, quant ilz luy demandoyent de sa servante, où c'est qu'elle estoit, qu'elle respondoit qu'elle estoit aux champs, a dict que parce qu'elle est dure d'ouye, elle n'entendoit pas si on luy demandoit de sa servante ou de son mary ; elle disoit qu'il estoit aux champs. Confessans cependant tous deux ne s'estre portez comme appartenoit ; s'estant mesme de dict rousseau meslé avec les aultres au village, sortant de sa maison, estant sa servante mallade. Actendu quoy, et après les remonstrances nécessaires, on leur a interdicte la Cène  ».

Le 24 février 1569 Didier Rousseau est « interdict de la Cène pour s'estre mal porté quant une petite fille mourut de peste, il alloit parmy les gens durant son mal. Requiert l'admectre à la Cène , que luy a esté accordé .

 

Portraits d'Isaac Rousseau et son fils Jean-Jacques Rousseau, l'illustre philosophe.

 

 

Les Rousseau de Montlhéry et des environs

Le nom de Rousseau vient du diminutif qui désigne un " homme de pilosité rousse ". Ce nom est assez fréquent en région parisienne, et en ce qui nous concerne nous trouvons des Rousseau dans la région de Montlhéry au XVIe siècle en analysant les papiers terriers des seigneuries. Il y a les Rousseau de Montlhéry, ceux de La Ville-du -Bois et leurs cousins de Villebouzin et du Mesnil-sous-Longpont. On trouve encore des Rousseau à Marcoussis, à Bruyères-le-Châtel ou à St-Pierre-de-Brétigny.

Ce sont les titres du prieuré de Longpont qui renseignent sur les Rousseau de Montlhéry et des environs au travers du "terrier Burgevin" de 1529. Louis Rousseau est un montlhérien aisé, un riche marchand qui possède de nombreuses terres et vignes dans les censives du couvent de Longpont. Des domestiques ou des journaliers sont à son service. Nous trouvons un pré au Perray, lieu-dit le Frichot ; d'autres prés sur les bords de l'Orge au lieu-dit Sauveloup et la Prairie de Longpont ; des terres et des vignes dans la paroisse de Longpont : entre la boële Jean de Carmoy et les Jardins de Longpont. Louis Rousseau possède une vigne aux Buards de Longpont, une autre aux Fontenelles, une autre encore à Guiperreux à côté de celle de Jacques Prieur, et un lopin de vigne au chantier de Biszon. Il possède également une terre au vignoble de La Ville-du -Bois, chantier des Vallées.

En 1529, les Rousseau de La Ville-du -Bois forment plusieurs familles : ce sont Jean le jeune dit Loche, Denis et Robert, les fils de Jean l'aîné, qui cultivent les terres du chantier des Creux dans la censive de Messieurs de Longpont . Au Gros Chêne de La Ville-du -Bois, il y a également Guillaume et Antoine Rousseau, leurs cousins.

Dans le Registre des Insinuations du Châtelet, nous relevons en date du 5 février 1548 « Jeanne Cordeau, veuve de Louis Rousseau, et Guillaume Rousseau, marchand et bourgeois de Montlhéry : donation à Louis Garrot, avocat en Parlement, "pour les bons et agréables services qu'il leur a faictz", de rentes sur les vignobles de Massy et d'Antony  ». Nous retrouvons ici Louis Rousseau dont nous venons d'évoquer les activités. Il faut voir dans cette branche de la famille les parents du fameux Didier, ancêtre de Jean-Jacques.

Le rameau des Rousseau de Longpont était catholique. Dans son testament du 16 mai 1563, Perrette Rousseau, femme de Jean Jeunier, fonde une rente de 7 sols parisis au profit de la cure de Longpont à la charge du curé de célébrer une messe basse et un libéra sur sa fosse.

Le 1 er août 1677, Pierre Rousseau, vigneron à Villebouzin passe reconnaissance d'une rente de 10 sols au nom des enfants mineurs de feu Martin Fortin et Marguerite Guignard au profit du prieur et couvent de Longpont. En décembre 1696, Germain rousseau, vigneron demeurant à La Ville-du -Bois passe titre nouvel pour une rente fondée le 30 novembre 1675 au profit de la cure St-Barthélemy de Longpont.

 

 

La famille Rousseau à Genève

Mie Miège donna, à Didier Rousseau, un fils prénommé Jean né en 1583, mort à l'âge de 59 ans ; c'est le triaïeul de Jean-Jacques, celui qui épousa Elisabeth Bluet. De cette union est né, en 1606, Jean le jeune qui épousa Lydie, la fille de Pierre Mussard et Marie Crep. Les aïeux de Jean-Jacques sont, du côté paternel David Rousseau (1641-1738) marié à Suzanne Cartier et du côté maternel Jacques Bernard, bourgeois de Genève marié à Anne Machard. Samuel Bernard, le frère de Jacques, est ministre du culte réformé à Genève.

Jean-Jacques Rousseau est le second fils de Isaac Rousseau et Suzanne Bernard. Il est né à Genève, au numéro 40 de la Grand Rue , le 28 juin 1728 alors que son père, âgé de 40 ans, était maître horloger comme son père et son grand-père. La naissance fut difficile et Suzanne Bernard décèda 10 jours plus tard des suites de ses couches à l'âge de 39 ans. Un frère aîné, François était né sept ans auparavant.

Elevé dans la religion calviniste, Jean-Jacques doit à son père l'amour de la lecture, ainsi que le civisme et le patriotisme. À l'âge de 10 ans, le jeune orphelin est confié à son oncle maternel Gabriel Bernard qui avait épousé, en 1699, Théodora, la sœur d'Isaac Rousseau. Il est éduqué par le pasteur Lambercier à Bossey.

Sous l'influence de Mme de Warens qui s'occupe de Jean-Jacques, il abjure le protestantisme à Turin le 21 avril 1728 et est baptisé le surlendemain. Plus tard, il retournera vers ses racines religieuses calvinistes et fera la carrière qu'on lui connaît.

 

 

L'Eglise réformée dans la région de Montlhéry

À la fin du XVIe siècle, on comptait une minorité imposante d'environ 1.250.000 de personnes de confession calviniste représentant 275.000 familles parmi lesquelles 2.500 appartenaient à la noblesse. Depuis, l'édit d'Amboise, signé le 19 mars 1563, la liberté de culte était restreinte aux faubourgs d'une seule ville par bailliage. Les seigneurs n'ayant pas de pouvoir de haute justice ne peuvent célébrer leur culte que dans le cadre familial. La paix de Longjumeau confirma les droits accordés aux protestants par l'édit d'Amboise et termina la deuxième guerre de religion. Le traité fut signé le 23 mars 1568 dans l'hôtellerie du «  Dauphin  ».

Le culte de l'Eglise réformée était exercé parmi les familles nobles de la banlieue méridionale de Paris, au centre de laquelle se trouvait Ablon et dont les deux points extrêmes étaient Melun et Dourdan. Du côté de Melun se trouvait les Orléans-Longueville d'où sortait la princesse de Condé, du côté de Dourdan, les Duplessis-Mornay qui habitant le château de Plessis-Mornay près de Rochefort. Une église réformée existait également à La Norville et à Grigny. La seigneurie de Grigny appartenait à Josias Mercier , professeur au Collège de France qui fut qualifié de «  huguenot dévoué  ». Ce magistrat tenait de sa mère Marie d'Allier les seigneuries de Grigny et du Plessis-le-Comte. Il construisit un château à La Norville dont l'avant-cour aboutissait à la rue du village à l'église. À sa mort en 1626, son fils Charles Mercier prêta serment de fidélité au roi devant la porte du château de Montlhéry.

Ainsi la seigneurie de La Norville a appartenu à des seigneurs protestants pendant plus d'un siècle. Le culte calviniste avait son lieu d'exercice dans le château même de La Norville. En 1660, Charles Icard était ministre de La Norville. Les gens du pays : vignerons, laboureurs, bergers paraissent avoir été nombreux parmi «  les membres du troupeau qui s'assemblait à La Norville  ». Enfin, Michel III Gaillard, seigneur de Longjumeau était entré dans la religion réformée et son fils Nicolas Gaillard, élève de Théodore de Bèze avait été obligé de fuir en Suisse sous le règne d'Henri III. En 1561, Michel Gaillard de Longjumeau, devenu huguenot, dut quitter sa maison du Pré-aux-Clercs, attaqué par des catholiques «  Le sieur de Longjumeau voyant sa demeure investie par une multitude furieuse, qui commençait à en briser les portes, tomba sur les assaillants à la tête de 300 calvinistes bien armés et en tua plusieurs  ». Un arrêt du Parlement du 29 avril ordonna au sieur de Longjumeau de sortir sur-le-champ de Paris avec sa famille.

Pour finir, nous donnons l'entête du Registres des Baptêmes et Mortuaires (format in-4°) des gens de confession protestante remontant à 1671 tenu par le prévôt de Montlhéry (3). «  Registre des baptesmes, mariages et enterremens de ceux de la R.P .R. qui ont leur exercice au lieu de La Norville afin de servir pendant l'année 1671 contenant douze feuillets paraphez conformément à l'ordonnance du Roy du mois d'apvril 1667 par nous François de Dinan conseiller du Roy président prévost juge ordinaire de la ville comté ptévosté et chastellenie royalle de Montléry ce dix huict apvril 1671. [signé] De Dinan  ».

 

Jean-Jacques Rousseau à Marcoussis

Notre grand homme est venu plusieurs fois à Marcoussis. Connaissant l'origine de sa famille, il voulait sans doute visiter la terre de ses ancêtres. Le curé de Marcoussis était alors l'abbé Mathieu Rousseau qui exerça de 1735 à 1780. En 1750, Jean-Jacques fut invité à Marcoussis par l'abbé Antoine de l'Étang, vicaire de l'église paroissiale de la Madeleine qui était une connaissance de Thérèse Le Vasseur, sa compagne. Les cinq enfants qu'ils eurent furent confiés l'Assistance publique, les Enfants-Trouvés comme on disait à l'époque, décision qui lui fut reprochée par Voltaire dans un pamphlet, auquel il répondit par son grand ouvrage Les Confessions (4).

À Marcoussis, on discutait philosophie, jouait du clavecin, allait se promener dans les bois, dînait à la fontaine Saint-Wandrille. C'est aussi dans ces lieux que Rousseau exprima sa sensibilité à la nature dans les sites pittoresques peints un siècle plus tard par Camille Corot. Nous lisons dans les Confessions (livre VIII) «  J'allai plusieurs fois passer quelques jours à Marcoussis dont Mme Le Vasseur connaissait le vicaire … Grimm y vint une fois avec nous. Le vicaire avait de la voix, il chantait bien …  ». Dans son Épître à M. de l'Étang, datée de 1751, Jean-Jacques Rousseau chante son amour du site : «  Tel à mes yeux est Marcoussis – Marcoussis qui sait tant nous plaire – Marcoussis dont pourtant j'espère – Vous voir partir un bon matin – Sans vous en prendre de chagrin ! – Accordez donc, mon cher vicaire, votre demeure hospitalière … .».

 

 

Notes

(1) Il serait présomptueux de donner la biographie de Jean-Jacques Rousseau. Rappelons qu'il est considéré comme le père spirituel de la Révolution française et que ses cendres reposent au Panthéon.

(2) C'est la période la plus sombre du protestantisme français. Le culte est interdit, les temples rasés, les pasteurs emprisonnés ou exécutés. Plus de 200.000 protestants choisissent l'exil dans les pays voisins ; dans les Cévennes, la révolte des Camisards est une aventure héroïque sans lendemain. Progressivement, au XVIIIe siècle, l'influence des idées des Lumières atténue les persécutions qui aboutissent à l'édit de "Tolérance" promulgué par Louis XVI en 1787.

(3) Jusqu'en 1790, l'état civil était tenu par le clergé catholique qui, bien évidemment ne prenait pas les actes des autres religions. L'ordonnance de Louis XIV organisait d'une certaine façon l'état civil laïc avec un siècle d'avance.

(4) La date 1651 est erronée dans le livre de Malte-Brun. Il faut lire «  au temps où le marquis de Rieux était seigneur de Marcoussis, en 1751…  ».

 

 

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