Le Moulin de Biron (1)

Extrait du cadastre napoléonien (1811) et du plan d'intendance de Longpont (1787).

Mars 2008

J.P. Dagnot

C. Julien

Chronique du vieux Marcoussy

 

 

 

 

Cette chronique relate l'histoire d'un moulin à farine installé sur la Sallemouille, paroisse de Longpont. En limite de terroir, le moulin de Biron est isolé, à quelques 100 mètres en aval du moulin de l'Etang.

 

Bien qu'il nous soit étrange aujourd'hui de voir tant de moulins à eau sur un ruisseau de faible débit, on comptait, au Moyen Âge, un grand nombre d'installations sur la Sallemouille (1). Depuis la source jusqu'au confluent de l'Orge, on peut évoqué le moulin du Guay ruiné qui disparut après la guerre de Cent ans, le moulin de Guillerville, le moulin de La Roue alimenté par une source, le moulin Cholet, propriété du chapitre de la collégiale Saint-Merry, le moulin de l'Etang appartenant aux chanoines de Saint-Merry, Biron et enfin le moulin de La Folie, ce dernier construit au XIXe siècle seulement.

 

On ignore la date de construction du moulin de Biron, mais la première mention du moulin apparaît vers 1160. Un auteur du XIXe siècle a écrit «  cela s'explique par une réserve d'eau située en amont, provenant de Saint-Jean-de-Beauregard, grossis des eaux du plateau du Déluge. Par temps sec, le moulin ne tournait que quelques heures par jour. Lors de grandes pluies, il devenait impétueux, ce qui lui permettait de moudre parfois jour et nuit ».

 

 

Le toponyme

Dans plusieurs monographies sur Longpont et Montlhéry, on peut lire que Biron pourrait bien avoir son origine dans le vieux parler local du XVIIIe siècle où "biron (le)" désignait une personne très sale. Il n'en est rien !

Il faut remonter au VIIIe siècle quand les moines de l'abbaye de Saint-Wandrille s'installent à Marcoussis pour créer un prieuré au lieu-dit Buisun , dénommé Butio dans les chartes latines ou autrement dit Fontenelle du nom du monastère normand.

L'évolution du toponyme est aisé à suivre Bussun (XIIIe s.), Buissun (XIVe s.), Buison (1267), Bizon (1253), Bison (1586), Byron (1629) et enfin Biron. Il semble que Biron soit fixé dès 1772 puisque sur le plan terrier de Villebouzin, il existe un " chemin du moulin de Biron à la Croix Rouge-fer " qui traverse toute la commune du nord au sud. En 1207, le chapitre de Linas reçoit un cens sur des vignes apud Buison. En mars 1234, les frères Guillaume, Jean et Pierre de Guillerville, chevaliers, amortissent des vignes " apud prata de Buison ".

Une surprise dans nos recherches  : au début du XIVe siècle, la Sallemouille est connue sous le nom "rivière de Buison" que les notaires écrivent aussi "Buysone". C'est en mars 1301 que les lettres de Philippe IV «  Rey de France  » vidimant une lettre de décembre 1300 donne la solution. C'est une quittance de biens acquis par le chapitre de Linas, notamment d'un pré en la rivière de Buison, de Buysone, près le moulin de l'Etang (2).

 

 

Les documents anciens

C'est le Cartulaire de l'abbaye des Vaux de Cernay qui nous renseigne sur l'antiquité du moulin de Biron. Nous avions vu dans une chronique précédente que ce monastère possédait de nombreux biens à Montlhéry et que ceux-ci furent transportés à partir du XVIe siècle dans la seigneurie de Villebouzin (3).

Vers 1160, Maurice de Sully, évêque de Paris (4), confirme la donation faite par Pierre d'Aulnay à l'abbaye des Vaux de Cernay pour son salut, celui de ses parents et de son oncle paternel Milon de Linas. En fondant cet obit, ce chevalier offre un muid d'annone sur le moulin de Biron «  in perpetuam elemosinam, unum modium annone in parte sua molendini de Buison  » ; son frère Milon d'Aulnay approuve cette action (charte XIX).

En mars 1268, le chevalier Pierre de Brétigny renonce définitivement à ses droits sur le moulin de Biron et accepte les clauses du testament de Philippe de Bussiaco «ob remedium anime sue, in puram et perpetuam elemosinam, eisdem religiosis dimidium modium bladi, percipiendum annuatim ab eisdem in molendino ipsius defuncti quod habebat apud Buisson» (charte DCXC). Deux ans plus tard, le même Pierre d'Aulnay partant à la croisade en Palestine «quando peredrinationem agressus est Jherosolimitanam», fait plusieurs libéralités en présence de l'évêque Maurice de Sully. Ce sont 12 deniers de cens de sa terre de Buison, puis 11 sols que rend Gautier de la Marche et 20 deniers de Ascio, le fils de celui-ci (charte XXXV).

La lettre de 1253 adressée par Jean Doien «  chantre de l'église Saint Médéric de Linois  » aux religieux des Vaux de Cernay donne l'autorisation à ces derniers de tenir en mainmorte un arpent de pré situé au dessous du moulin de Bizon «  à condition qu'ils rendront au chantre à cause de son église 12 sol parisis annuellement  ». En 1267, une lettre de l'official de Paris, nous dit que Philippe de Buciaco a légué aux moines des Vaux de Cernay  "quantité de blé à prendre sur le moulin de Bizon".

D'après un accord de 1268 (charte DCXC), le moulin de Biron appartenait alors aux enfants de Philippe d'Aurenville, dont Pierre de Brétigny était le curateur. Les deux familles de Brétigny et d'Aurenville devaient être alliées, et c'est par la mort des enfants mineurs de Philippe d'Aurenville que Philippe de Brétigny sera devenu possesseur du moulin. En la même période Philippe de Brétigny renonce au moulin de Biron «  diffinitiva renunciatio de molendino de Buisom  ». Les chartes XIX et DCXC sont les actes de donations des droits de mouture «  duos modios bladi et dimidium  » faites à l'abbaye sur le moulin de Biron (6).

La lettre de Jean de Hellenville et Pernelle de Bonterville datée de 1351 adressée aux moines des Vaux de Cernay donne le droit de prendre 16 septiers «  sur le moulin de Bizon qui estoit en mauvais état, de le rétablir et le retenir jusqu'à ce qu'ils se soient remboursés des arrérages et des frais qu'ils y ont fait  ». L'option semble être levée sans difficulté car en 1365, on trouve une «  lettre de vendition  » que Guillaume de Baigneux fait du moulin de Bizon à Jean Brucillac.

 

 

 

Les meuniers de Biron

Un bail à cens et rente fut passé le 21 août 1412 « par les frères et sťurs de l'Hôtel-Dieu de Paris, à Jean Fichet demeurant à Biron de la moitié d'un arpent de friche qui fut jadis en vignes situé au Pressoir du Roy. A la charge de 6 sols de cens et 2 sols de rente payable le jour Saint-Jean-Baptiste » (5).

En 1574, nous trouvons un certain Amanyon Lesné « musnier demeurant au moullin de Bizon » et Guillemette Guidon sa femme. Puis, un acte nous donne enfin le nom du propriétaire du moulin de Biron. Le 16 décembre de la même année Pierre Prieur, marchand, demeurant à Orsay en son nom, procureur de Geneviève Cherquel sa femme, confesse avoir «  vendu, ceddé, quité, transporté & délaissé à honorable homme Jehan Arnault, procureur à Montlhéry, c'est à savoir une part en huit dont les huit font le tout en une part d'un moullin à bled maison court, jardin, masure, terres appartenances et deppendances d'icelles appelé le moullin de Bizon assis sur la rivière d'Orge ( ?), venant de la succession de deffunt Jehan Prieur son frère  ». Ce même mois de décembre 1574, Jehan Pinoteau, laboureur demeurant à Marcoussis, confesse «  estre détempteur d'une maison, court, jardin, bois, taillis, deux arpens de vignes et terre labourable assis à Bison prez Montlhéry, tenant à la rivière  ».

En juin 1579, nous apprenons que Martin Poullain est " musnier demeurant au moulin de Bizon, paroisse de Longpont ". Le 7 décembre 1580, Martin Jeullin, le marchand musnier demeurant au moullin de Bizon confesse avoir une dette à Loyse de Gauderon. L'année suivante ce même Martin Jeullin achète une vache à un laboureur demeurant à Leuville nommé Guillaume de Gometz qui «  confesse avoir baillé et délaissé à titre de loyer & prix d'argent une vache soulz poil rouge  ». Le 6 janvier 1586, honorable homme Marc Labbé, poissonnier ordinaire du Roy, reconnaît faire «  le transport de la ferme & mestairye de Bison paroisse de Longpont  ».

Au commencement du XVIIe siècle, le moulin de Biron est en mauvais état à cause des guerres de religion, suite aux chevauchées des reîtres de Condé, dont les conséquences sont encore visibles dans le sud parisien malgré les efforts de Sully, ministre d'Henri IV. La famille Prieur tient toujours Biron.

C'est le 16 novembre 1621 qu'un contrat de bail à rente du moulin de Biron est passé entre Louise Regris, veuve de Jehan Prieur, vivant procureur royal à Montlhéry, Jehan Desnos, sergent royal, Nicolas Angot, marchand et Isabelle Rossignol, veuve de Nicolas Chasteau d'une part et Anthoine Castang, charpentier d'autre part. Les héritiers Prieur «  baillent & délaissent à titre de rente annuelle & perpétuelle, c'est à sçavoir une masure où soulloit avant maison & moulin à eau faisant de bled farine avec autres eddifices vulgairement appelé le moulin de Bizon, item le jardin dudit moulin, tenant à Nicolas Chasteau à la ferme de Bizon  ». Des réparations sont indispensables et le 16 février 1622 un marché de maçonnerie est passé «  au lieu vulgairement appelé moulin de Bizon  ».

 

 

 

Michel Tamponnet, meunier de Biron

Devant les difficultés économiques et sans doute à cause de la crise frumentaire (cf. chronique du marché de Montlhéry), Anthoine Castang vend Biron en 1625. Le charpentier de la grande coignée, demeurant à Linois, confesse avoir vendu à Michel Tamponnet, musnier du moulin Grousteau à titre de bail à rente, le moulin de Bizon, jardin, pastiz, masure, ses appartenances & dépendances moyennant 100 livres payées en pistolles escus.

Une seconde vente est encore signée l'année suivante entre Castang et Tamponnet. Mais, nous allons voir qu'une difficulté survient car le seigneur éminent de Biron n'est pas nommé. Après la confusion des mutations du XVIe siècle, le détenteur des droits féodaux n'apparaît plus sur les actes notariés de Biron. En un siècle où les juristes dominent la vie sociale, cela n'est plus accepté et les ennuis commencent pour notre homme.

De ces achats, Michel Tamponnet, meunier du moulin de Grousteau déclare « estre détempteur & propriétaire d'ung moulin appelé Biron avecq la maison, logis, édiffices et aultres dépendances situé au bourg de Lynois  ». Le 31 janvier 1629 survient un premier détenteur de fief ; Antoine Boyer, qui vient d'acheter la seigneurie de Villemoisson à Jehan de La Fosse , se présente. «  Michel Tamponnet, musnier à Byron, moulin à faire de bled farine, [avec] jardin, pastils, mazure, appartenances & deppendances, consistant en fond de terres ung arpent & demy, d'une part et Messire Anthoyne Boyer, conseiller du Roy en son Conseil d'Estat, intendant des finances de la maison de la Reyne , seigneur de Villemoisson et Ste-Geneviève-des-Boys a droit de percevoir cinquante sols de rentes perpétuelles et d'entretenir ledit moulin attaché à cette rente  ». Toujours la même année le même meunier déclare habiter audit moulin.

Une prisée du moulin de Biron est «  faite à la requeste  » de Michel Tamponnet le 21 mars 1630. Il semble que le propriétaire loue dès 1631 l'installation à son collègue Estienne Laisné «  musnier audit moullin  ». Deux actes datés de 1635 et 1636, nous apprennent que Michel Tamponnet, musnier, demeure au moulin de Biron.

C'est onze ans après avoir acheté Biron, que Michel Tamponnet est convoqué à la prévôté de Montlhéry, afin d'éclaircir cette affaire de droits féodaux. «  Aujourdhuy, est comparu Michel Tamponnet, propriétaire du moulin de Biron, lequel a déclaré avoir acquis ledit moullin circonstances et deppendances de Anthoyne Castang & Jeanne Pesson, sa femme, à moy qu'il est au long contenu et déclaré au contrat de ce fait & passé par devant Beauperrin nottaire, qui auroit esté mis en la censive des sieurs à qui deub sont, et n'ayant ledit Tamponnet la congnoissance a quy appartenoit ladite censive auroit esté depuis au sieur prieur du chasteau de Montlhéry qui auroit en censive ledit contrat. Depuis ayant esté ledit Tamponnet assigné à la requeste de Maistre Claude Bligny, nottaire lors recepveur de la terre & seigneurie de Villebouzin, affin de communiquer les acquisitions qu'il avoit faictes dudit moullin de Biron et circonstances et deppendances par devant Messieurs des requestes du Pallais à Paris a pour en payer les droicts de vente laquelle assignation ayant icelle communiquée à Messire Estienne Poze, prieur dudit chasteau de Montlhéry seroit icelluy sieur Poze demeuré d'accord que ledit moullin de Bizon et ce qui en despend ne luy appartient et n'estoit de sa censive, mais de la censive dudit sieur de Villebouzin à cause de son fief des cens communs & de faire les deniers des droits de vente furent renduz & restituez audit Bligny, la preuve comme à luy appartenant par les mains de Jean Brizard marchand demeurant à Linois qui estoit lors en charge de recepvoir les despens des contrats pour ledit sieur prieur  ».

Enfin, nous savons que le moulin de Biron est mouvant de Villebouzin. C'est la conséquence de sa situation dans le fief de cens commun, passé dans les mains du seigneur de Villebouzin au XVIe siècle.

Ce XVIe siècle est le temps des rachats et des échanges; les fiefs sont regroupés pour former des entités juridiques cohérentes par ce qu'on pourrait appeler " un remembrement féodal ". On sait que les administrateurs de l'abbaye des Vaux de Cernay ont vendu de nombreux biens possédés dans la région de Montlhéry. En 1587, Mathurin Vincent, abbé des Vaux « sous prétexte de subvention du clergé imposée à l'abbaye, vendit 11 arpents de prez pastis que l'abbaye avoit à Montlhéry ».

Une transaction est passée en 1636 devant le prévôt de Montlhéry entre le meunier du moulin de l'Estang et celui du moulin de Biron. Pendant ce temps, le propriétaire de Biron avait affermé son moulin à Michel Catholle. En novembre de la même année, un accord est signé entre Michel Tamponnet, musnier demeurant à Guiperreux, et Michel Catholle, le premier déchargeant le second du bail du moulin de Biron. Michel Tamponnet reprend Biron et le 30 septembre 1641 «  recongnoit estre detempteur & possesseur dudit moulin de Biron, consistant en plusieurs bastimens, eddifices, cour, jardin situé audit lieu de Biron  ». À ce moment, notre homme dit habiter à Guiperreux puisqu'il est meunier au moulin de Basset.

En 1643, un nouveau bail est accordé par Michel Tamponnet, meusnier demeurant au moulin de Basset, à Georges Coignet, qui prend le moulin de Biron pour six ans moyennant 240 livres.

Deux ans après, Michel Tamponnet, meunier demeurant « audit moullin lequel a vollontairement recognu quitté ceddé à Messire Pierre Saulger, conseiller du Roy, maison & couronne de France, demeurant à Paris rue Plastrières, paroisse Saint-Eustache estant dans sa maison de Lormoy acceptant pour luy le moullin de Bizon sus déclaré consistant en un moulin à eau à faire de bled farine avec le corps de logis, un espasse de grange, le tout couvert de chaulme, cour fermée de murailles, trois arpents, en la censive du seigneur de Villebouzin. Cette vente faicte moyennant le prix somme de trois mille livres et rente de dix livres  ».

Désormais, le moulin de Biron est la propriété de Pïerre Saulger, dans la censive de Villebouzin. Michel Tamponnet en est le meunier locataire.

L'année suivante, Michel Tamponnet transporte le bail de Biron. «  Fut présent en sa personne Michel Tamponnet, marchand musnier demeurant au moullin de Bizon, lequel a volontairement recongnu avoir ceddé et transporté à Charles Leroy, musnier demeurant au moullin de la Bretèche, paroisse de Champlan, acceptant, tous les droits de bail du moullin d'Aulnoy de Leuville  » (6).

 

La même année, Pierre Saulger, le propriétaire de Lormoy, fait une donation entre vifs de tous ses biens de Longpont au profit de sa fille Geneviève Saulger et de son gendre Nicolas Arnoult. Le moulin de Biron passe dans les mains du couple Arnoult-Saulger (7). L'année suivante, Michel Tamponnet afferme de nouveau le moulin.

 

Fin de la première partie. À suivre *

 

Notes

(1) Prenant sa source à Gometz-la-Ville, la Sallemouille se jette dans l'Orge au moulin de Carouge, arrosant trois paroisses : Marcoussis, Linas et Longpont-sur-Orge. La Sallemouille bénéficie pour les moulins de l'Etang et suivants des sources de la Pellerine, la Roue, Guillerville, la Flotte et autres moins importantes sur Marcoussis.

(2) Cartulaire du chapitre Saint-Merry de Linas.

(3) M.H. Merlet & A. Moutié, Cartulaire de l'abbaye de N.-D. des Vaux de Cernay de l'Ordre de Citeaux, Impr. Plon, Paris, 1857.

(4) Fils de paysans, Maurice de Sully eut une destinée hors du commun. Nommé évêque de Paris le 12 octobre 1160 succédant à Pierre Lombard, il entreprit l'édification de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1163. Il mourut en 1196.

(5) Bail à cens et rente du Petit Couvent (prieuré N.-D. de Longpont) étant aux droits de l'Hôtel-Dieu de Paris.

(6) Le prieuré de Longpont possédait des droits seigneuriaux sur plusieurs moulins extérieurs à leur directe proprement dite. C'est le cas du moulin de la Bretèche sur l'Yvette à Champlan qui remonte à 1272. Le 9 avril 1383 dans la déclaration d'aveu et dénombrement faite au roi, devant la Chambre des Comptes, les religieux de Longpont déclarent « qu'ils ont une dixme de dix septiers de bled sur le moulin de la Bretesche ».

(7) Lire la Chronique " les seigneurs de Lormoy " pour plus de détails sur la famille Saulger.

 

 

Ces sujets peuvent être reproduits " GRATUITEMENT" avec mention des auteurs et autorisation écrite