Le grand étang de Marcoussis (1751-1884)

Chronique du Vieux Marcoussy --Marcoussis--------------- _-------------------------___--septembre 2012

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Extrait du plan d'intendance de Marcoussis.

 

JP. Dagnot

C. Julien

 

 

Cette chronique continue l'histoire du Grand Étang de Marcoussis. Nous nous étions arrêtés au milieu du XVIIIe siècle, quand la seigneurie de Marcoussis passa des mains de l'héritière des Balsac d'Entragues dans celles de la comtesse d'Esclignac. Les étangs de Marcoussis sont présents, avec une petite inversion, sur la carte de Cassini levée entre 1749 et 1755.

Nous retiendrons qu'au cours du XVIIIe siècle, bien que sévèrement encadrée, la pisciculture continua d'être une source de revenus dans la seigneurie de Marcoussis (1). L'exploitation des étangs semblait rentable, le seigneur haut justicier optimisait sa gestion en aménageant le réseau hydraulique de la vallée de la Sallemouille (2). Au cours de l'été 1789, l'agronome britannique, Arthur Young, estimait qu'à surface égale, une terre couverte d'eau rapportait six à sept fois plus qu'une terre couverte de blés.

 

 

Marcoussis sous la comtesse d'Esclignac

La terre de Marcoussis fut acquise par Elisabeth Thérèse Chevalier, veuve du comte de Sebbeville. La vente de la seigneurie fut réalisée le 14 juillet 1751 pour la somme de 572.000 livres . Le même jour, la fin de bail des étangs fut aussi signifiée. Comme de coutume, le printemps suivant, Pierre Gurlier, fermier des étangs de Marcoussy pour Monsieur de Rieux, ancien seigneur dudit lieu, remet 24 carpes de différentes tailles pour le rempoissonnement dudit Grand Étang. Cette opération est faite en présence du concierge du château et du notaire du baillage (3).

La construction d'un chemin pour communiquer d'Orsay à Arpajon par la plaine haute de la ferme du Déluge est demandée par Sa Majesté. Le projet prévoit de passer sur la chaussée de l'étang de Marcoussy. Nous donnons ici le texte original «  Ce chemin auroit son origine dans le village d'Orçay vis à vis l'entrée du château tourneroit sur la droite dans la cour de la ferme du château pour éviter le redillon du village qui est inadoucissable, monteroit par la gorge joignant la ferme de Mondétour derrière laquelle il arriveroit dans la plaine, laisseroit le grand vivier à gauche par un alignement droit de 1.000 thoises, tourneroit en écharpe par la butte des bois quarrés, passeroit par un alignement droit de 625 toises sur la chaussée de l'étang de Marcoussy, se déveloperoit ensuite sur la gauche de la butte de la ferme du déluge au sommet de laquelle il arriveroit par la révolution d'une grande esse d'où il se dirigeroit un peu à la gauche de la ferme de la forest, si on vouloit joindre par la suite la route d'Orléans à Arpajon, ou à la droite de ladite ferme sur un chemin que construit M de Soussy, pavé déjà en plusieurs parties et qu'il se propose de faire finir cette année  ».

La longueur de la route «  seroit de 4.300 toises avec une pente max de 3 pouces et demi par toise. On feroit usage de la chaussée de l'étang qui en la baissant un peu se trouverait assez large. Ce chemin auroit 36 pieds de largeur, compris des banquettes de 3 pieds de chaque côté, avec fossés en plaine de 6 pieds de largeur  ». Il fut décidé que l a chaussée serait pavée de grès de 12 pieds de largeur avec des revers en pierre dans les buttes . Il y aurait 4 pierrées de 15 pouces d'ouverture, un arceau de 6 pieds et deux de 3 pieds . Le coût de la construction a été estimé à 120.576 livres .

Notons, dans la déclaration des tailles pour 1768, que la comtesse d'Esclignac ne déclare plus que le grand étang pour 75 arpents. Les Célestins font une déclaration en 1777 des routes qu'ils ont crées, relevons celle qui part du bas de la butte des sabottiers, traverse la prairie de la queue du grand étang, passant sur un ancien pont et faisant angle pour aboutir au pont léger...

 

Pêche du grand étang extrait du plan terrier de 1781.

 

En 1783, deux marchandes de poissons de Versailles se présentent au château de Marcoussis et obtiennent par adjudication aux enchères, la pêche du Grand Étang, consistant en carpes, brochets, tanches, perches et anguilles. Les bateaux, filets et autres ustensiles seront fournis pour faire la pêche. Cette vente est faite moyennant 400 livres le millier de poissons, et le paiement des ouvriers et pêcheurs qui seront employés....

Le 23 août 1785, nous trouvons une ventilation du revenu de la châtellenie de Marcoussis, faite sur l'aveu de Madame la Comtesse : «  le grand étang qui contient 81 arpens de pesche tous les trois ans, la dernière pesche a été vendue 10.000 livres mais on assure que cette vente était forcée et que les marchands n'ont pas payé et qu'on ne peut en tirer que 2.000 livres  ».

 

 

L'étang sous la Révolution

Le 22 mars 1789, un projet de moulin au grand étang est soumis à la Comtesse d'Esclignac. La dame de Marcoussis le refuse et préfère laisser les seigneurs successeurs décider eux mêmes, par exemple un qui pourrait être mieux au dessous du brimbalan (?). Nous apprenons qu'il existe une loge de pêcheurs au Grand Étang.

 

 

La Révolution arrive avec ses difficultés d'approvisionnement en subsistances de première nécessité. Bien que considérés d'un meilleur rapport que les terres à céréales, de nombreux étangs furent asséchés. On leur fit un mauvais procès pour des raisons sanitaires mais aussi politiques car considérés comme réservés aux privilégiés. Bien que des raisons d'ordre économique aient été évoquées, l'assèchement des étangs de Marcoussis n'eut pas lieu sous la Révolution (4).

En 1792, un homme est trouvé noyé dans le Grand Étang, Jean Baptiste Ebrun, âgé de 21 ans natif d'Eure-et-Loire, employé dans cette paroisse à soigner les chevaux déposés aux ci-devant grandes écuries du ci-devant roi pour le compte de la Nation ayant été abreuver quelques uns desdits chevaux dans l'étang, a eu le malheur de s'y noyer...

Notons la même année, une pétition de la fermière qui a entre autre la pêche dudit étang et des ennuis avec le niveau qui est insuffisant pour alimenter les quatre moulins de Linas. C'est une période de grande sècheresse qui fut la cause de mauvaises récoltes et de la crise frumentaire annonciatrice de la Révolution française.

Toujours en 1792, dans le bail de la ferme du château se trouve également celui du Grand Étang, tant en eau qu'en herbages, bien empoissonné au mois de mai de l'année précédente, contenant 81 arpents, «  ledit preneur sera tenu de laisser en fin de bail, bien empoissonné de neuf milliers de bon rempoissonnement de cinq à six pouces; ledit bailleur aura la jouissance de la cabane de pêcheurs et pourra se servir des filets et ustencilles propres à la pêche dudit grand étang existant au château, à la charge par luy de le rendre en bon état et remettre audit château  ». Notons que le fermier se nomme Jean François Plisson.

Sous le Directoire, dans un extrait du registre des délibérations du directoire de Versailles nous retrouvons le conflit entre la fermière des étangs de Marcoussis et les meuniers de Linas. «  Vu la pétition de la veuve Renout fermière à Marcoussis expose qu'elle a dans son fermage un étang contenant 81 arpents dans lequel elle est obligée de tenir neuf milliers de rempoissonnement; que quatre moulins de la commune de Linas sont fournis en partie par la superficie des eaux de cet étang , que dans un tems où les eaux étoient basses les meuniers lui ont demandé de faire lever la bonde pour leur donner de l'eau, ce qu'elle a fait sous la condition qu'ils lui payeroient 15 livres par jour pour la dédommager, condition qu'ils n'ont pas entièrement satisfait  ». La fermière prétend que les eaux sont fort basses craignant que la gelée ne fasse périr le poisson. Elle demande soit de faire baisser la bonde pour conserver le poisson soit être indemnisée par la Nation.

La saison de pêche de l'année 1796 commence début février. À la requête de Marie Crécy, fermière de la ferme des héritiers Esclignac, le notaire de Marcoussis organise par voie d'affiche, la vente de la pêche du poisson au plus offrant et dernier enchérisseur. Le déroulement est analogue à celui de 1799, l 'adjudicataire, Louis Lamy, marchand épicier de Versailles, a obtenu l'enchère pour 6.350 livres . En septembre 1798, l'étang est attribué à Elisabeth Lepelletier comme faisant partie du second lot de l'héritage avec le parc et le pavillon de l'étang.

Fin 1799, Marie Crécy, veuve Renoult, fermière de la ferme du "château", propriétaire du poisson, vend la pêche de l'étang de Marcoussis, par l'intermédiaire du notaire. Ce dernier se rend au pavillon dudit étang où loge Jacques Aguesta fils, garde des bois nationaux, et conformément à une affiche apposée à cet effet à Marcoussis et dans les communes environnantes, procède à l'adjudication définitive de la pêche du poisson:
- l'adjudicataire sera tenu de prendre la pêche en l'état,
- lever la bonde et mettre ledit en écoulement, faire la pêche dudit poisson et la fermer définitivement le trente frimaire prochain. Ne pas mettre l'étang à sec, sa contenance pendant la pêche ne devra pas être inférieure à 1 hectare 70 centiares,
- l'adjudicataire est responsable des éventuels dégâts,
- il sera aussi tenu de laisser toutes les mères et sous-mères carpes au nombre de vingt cinq au moins,
- de faire le rempoissonnement en présence de la venderesse qui devra venir dudit étang à savoir neuf mille jeunes carpes vives de quinze à dix sept centimètres,
- au cours de la pêche, l'adjudicataire devra fournir à la venderesse douze brochets de 33 centimètres de long, cent carpes de 20 centimètres , cent livres de poissons blancs, cinquante perches, et cinquante tanches,
- le prix de l'adjudication devra être en espèces d'or et d'argent en trois termes dont le premier incessamment à la bonde dudit étang....
Après enchères ce sont Claude Hariveau, marchand aubergiste de Linas, et Noël Potron, marchand de bois de Marcoussis qui sont les plus offrants moyennant la somme de 1.800 livres
(5).

En septembre 1800, Alexandre de Lamyre et sa femme Elisabeth Lepelletier d'Aunay, résidant dans la Somme , sont les nouveaux propriétaires. Etant dans leur maison de Marcoussis (le baillage à ciel ouvert actuel), ils délaissent le Grand Étang à titre de bail à ferme et prix d'argent pour neuf ans aux citoyens Claude Harriveau, marchand aubergiste, et André Bouchet, marchand de saline tous deux de Linas. Le domaine de l'étang consiste en vingt-huit hectares, tant en eau, aulnais, herbages que buissons; suit la description des limites dont les terrasses du pavillon. Les conditions ressemblent à celles décrites dans les baux des siècles précédents : 25 mères carpes, 12.000 carpeaux, entretien de la chaussée, de la bonde, du batteau, faire la pesche cinq fois, avec usage de " l'ancienne cabanne des pescheurs ". En outre, de nouvelles règles sont inscrites : usage d'une chambre haute à feu dans l'ancien pavillon royal, et du fossé régnant au long de la terrasse et celui du costé du midy pour faire les réservoirs et y déposer leur poisson. Le bailleur recevra à chaque pêche 25 brochets s'il y en a de 5 décimètres, 50 carpes de 3 décimètres, 25 perches, 25 tanches. Le bail est conclu moyennant la somme de 1.000 francs de fermage.

Cinq ans plus tard, un sous-bail à loyer de l'étang de Marcoussis est accordé par André Bouchet, marchand de saline, demeurant à Linas, à Charles Hariveau, marchand aubergiste demeurant également à Linas. Le sous-bail pour six années comprend la moitié du Grand Étang de Marcoussis, indivis entre le preneur et le bailleur, contenant 28 hectares , suivant le bail fait par le sieur Delamyre et dame Lepelletier en 1800. Ensemble les bateaux, filets, corbeilles, tous les ustensiles de pêche et le poisson composant la pêche. L'obligation d'entretien de la chaussée et des bondes est aussi portée au contrat.

 

 

Assèchement du Grand Étang

En 1813, Alexandre de Lamyre, propriétaire demeurant dans la Somme en son château de Davenescourt, baille à titre de ferme pour neuf années, quarante-six lots de terres faisant parties du grand étang de Marcoussis maintenant " desséché ". Ces pièces sont prises dans des "carrés" dont la surface de base représente un arpent. Les preneurs en jouiront en bon père de famille, en tous fruits profits et revenus. Les baux sont faits moyennant quarante francs de fermage annuel par arpent, en monnaie métallique suivent les conditions dont celle de non indemnité en cas d'inondations , et aussi de ne pouvoir supprimer la chaussée ou digue de l'ancien étang, non plus que des bondes qui se trouvent sur la rivière et tenir les dites bondes continuellement levées. A cette époque, il n'y a plus d'étang à Marcoussis.

Pendant l'automne de cette même année, Alexandre Joseph de Lamyre est présent en son domaine de Marcoussis. Il baille à François Petit dit Michauton le jeune, 18.674 m2 faisant partie du Grand Étang, maintenant desséché, à raison de 40 frs par arpent payable en numéraire métallique.

Fin 1814, Jacques-Maxime-Paul Chastenet, comte de Puységur, maire de Bordeaux, y demeurant, fait bail à loyer pour neuf années «  pour faire des couppes annuelles d'une remise d'oseraie entourée de fossés et de hayes  » près le pavillon de l'ancien Grand Étang, à Nicolas Delaune cultivateur de La Ville-du-Bois ; le bail est fait moyennant 100 francs payés chaque année.

Le domaine du Grand Étang restera dans les mains de la famille Lamyre jusqu'en 1872. En 1822, les baux des "carrés" venant du grand étang asséché par Alexandre Joseph Gabriel, comte de Lamyre, continuent d'être accordés. Dans les conditions il est toujours précisé qu'il n'y aura pas d'indemnité en cas d'inondation, q'on ne peut exiger la suppression de la chaussée ou digue de l'ancien étang, non plus que des bondes qui s'y trouvent sur la rivière. Un bail à ferme est passé en 1834 par le comte et la comtesse de Lamyre, demeurant en leur château de Thiberménil, arrondissement d'Yvetot. Il s'agit de portions de l'ancien Grand Étang de Marcoussis maintenant asséché. Joint à l'acte un plan des parcelles . Mention qu'ils sont présents en leur maison de campagne au Baillage.

 

Extrait d'un des plans servant à louer les terres du grand étang.

 

En 1842, madame Aglaé Le Pelletier, comtesse de La Myre, demeurant en son château de Thiberménil, à Yerville, à présent en sa maison de campagne, passe des baux de plusieurs des portions de la pièce dite du Grand Étang divisée en 33 lots. Dix ans plus tard, un bail de 23 hectares est passé à plusieurs preneurs pour 9 ans par les héritiers de La Myre de la succession d'Aglaée Lepelletier d'Aunay, comtesse de Lamyre.  

Noël 1863, Antoinette Rouillé, comtesse de La Myre, demeurant à Paris rue de Grenelle, veuve, et Elisabeth de La Myre demeurant au même lieu, Clotilde de La Myre, louent pour neuf années, à Benoist Pouffary, cultivateur, un pavillon dit pavillon des étangs, comprenant plusieurs pièces d'habitation et 81 ares de terres labourables. Le bail fait moyennant 256 frs. L'année suivante, les héritiers de La Myre, représentés, baillent 24 hectares pour neuf années, dépendant du grand étang de Marcoussis depuis longtemps "desséché" suivant le plan de 1834. Le partage des héritiers de La Myre est réalisé le 21 novembre 1871.

La vente d'un grand et beau domaine patrimonial sis à Marcoussis est faite aux enchères publiques en1872. La désignation des biens comprend :
1°) un domaine connu sous le nom du Baillage ou grand parc , clos de murs contenant 118 hectares dans lequel se trouve une belle chasse, une maison bourgeoise avec communs, logement de garde, kiosque et la quantité de 62 hectares de terres, prés, aulnaies en quinze pièces. Avec une mise à prix 236.000 frs, en un seul lot constitué par :
- une grande et belle maison bourgeoise élevé en deux étages rez-de-chaussée, cuisine, office, laverie, salle à manger, salon, salle de billard et vestibule ; au premier plusieurs chambres de maître ; au second chambres de domestiques,
- des écuries et remises en entrant à droite logement de garde à la suite des remises, jardins clos de murs séparant d'avec le grand parc, caves voûtées sous une partie de la grande maison appelée le baillage,
- un grand parc planté en chêne, ormes, ..., kiosque en pavillon situé dans ledit parc ;
- un petit jardin en face la maison du garde,
- cinquante ares propres à bâtir dans le petit parc qui se trouve en face.
2°) le petit Parc.
3°) 31 hectares au Grand Étang où se trouve le pavillon de chasses donnant sur la route de Dourdan à Versailles, lequel construit en pierres et couvert d'ardoises comprend plusieurs pièces d'habitation, grenier au dessus.
Division en 84 lots.
4°) 8 hectares lieudit la mare à Hubert.
5°) 4 hectares au petit étang, Marsaultx et la chaussée dudit étang.
Les ventes continuent en novembre 1872. À la requête de Louis Henri, comte de Durfort Civrac, membre de l'Assemblée nationale, président du Conseil Général en Maine-et-Loire, demeurant à Paris, rue de Grenelle, et son épouse Gabrielle Geneviève Louise de la Myre , le cahier des charges indique un grand étang de 24 hectares traversé par la Sallemouille et divisé en 67 lots. Sur le plan annexé, la teinte noire indique les parcelles vendues dont le pavillon royal.

 

 

Notes

(1) La première ordonnance réglementant la pêche date de 1291, sous le règne Philippe le Bel. L'ordonnance de 1515 demandait de repeupler les étangs avec prescription de la taille des poissons « le carpeau aura 6 pouces au moins, la perche et la tanche 4 » (art. 21).

(2) L'aspect de régulation des eaux par les étangs de la vallée de Marcoussis a été complètement oubliée aux XIXe et XXe siècles. De nos jours, il est intéressant de voir la reconstruction de bassins de retenue des eaux par le SIVOA pour éviter les inondations lors des orages ou périodes de grande pluviométrie.

(3) Les directives actuelles de la Commission Européenne ne sont que des réminiscences de la grande ordonnance de 1669 qui définissait les techniques de pêche et les engins à proscrire. Des tailles minima, entre l'il et la queue du poisson, étaient fixées pour les différentes espèces. On pourra consulter Le code Rural et Règlemens concernant les biens de campagne , par M. Boucher d'Argis, avocat au Parlement (chez Prault, impr. à Paris, 1774), deux articles concernent les étangs et la pêche. [ art. IV]. Pêche dans les étangs. Les particuliers ont aussi seuls le droit de pêcher dans leurs étangs, viviers, canaux. [ art. V]. Poisson, quand il est immeuble. Le poisson dans un étang est réputé immeuble.

(4) Les révolutionnaires exploitèrent le thème anticlérical pour justifier l'assèchement des étangs. Rougier-Labergerie s'indignait, le 11 septembre 1792, devant «  ces milliers d'arpents qui depuis longtemps servent la table de moines fainéants ou de privilégiés despotes  ». Le 14 frimaire an II, Bourdon, député de l'Oise à la Convention présente un projet de décret sur le dessèchement des étangs «  au milieu des marais, les prêtres ont toujours été l'inépuisable source permissive, ils eurent l'idée de changer les plus fertiles cantons de nos campagnes en eaux stagnantes  ».

(5) La pêche des étangs avait lieu, en général, avant l'arrivée de l'hiver car la vente du poisson d'eau douce avait ses rythmes. Pendant le Carême, les Quatre-Temps, les vigiles des fêtes, les trois jours des Rogations, le vendredi et le samedi de chaque semaine, c'est-à-dire plus de 140 jours par an.

 

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