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La justice à Marcoussis

Cette chronique est le second volet de l'histoire du baillage et des activités liées à ce lieu, délibérations, autres bâtiments, puis après la Révolution d'une demeure qui existe encore de nos jours. Nous avions évoqué dans une première chronique les droits de haute justice et les faits jusqu'en 1700 .

 

J-P Dagnot octobre 2013.

 

Extrait d'une numérisation réalisée à l'orphelinat d'Auteuil.

 

Quelques documents anciens

Rappelons les fermes muables qui sont exercées en raison du droite de justice et notamment en 1545, lors du partage de la succession de Jehanne de Graville, entre les frères de Balsac :
- la fermes muable des exploits deffaux et amendes qui fut délivrée à Anthoine Cayet à la somme de 19 livres parisis,
- les fermes du greffe et du tabellionnage qui furent délivrées à Guillaume Bistel à 32 livres parisis,
- les ferme du foirage et rouaige qui furent délivrées à Guillaume Duboys à la somme de 44 livres parisis,
- la ferme du langueaige qui fut délivrée à Raoullant Pasquier à la somme de 64 sols parisis
- la ferme de la voyrie qui fut délivrée à Oudin Besnard à la somme de 110 sols parisis,
Oultre ces fermes muables y a ung pressoir bannyer que a été affermé pour deux années à Jacques Tiery à la somme de20 livres tournoys.
Ou se passait le greffe, les exploits, le tabellionnage?

Nous arrivons en 1648, Léon de Balsac seigneur de Marcoussis porte ses foy et hommage à Gaston fils de France, frère unique du roy... l'acte sert aussi d'aveu qui mentionne les fourches patibulaires dudict Marcoussy, ... au pressoir banal dudict Marcoussy, lequel pressoir est dans le village dudit Marcoussy , tant à faire vin que cidre, tenant à l'auditoire et lieu où se tient la justice dudict Marcoussy avecq une maison proche la porte du grand parc... Cet acte confirme pour la première fois l'auditoire, signalé dans la première chronique avec le bailly, et également les pressoirs que nous localiserons par la suite.

En 1694, extrait d'un document en très mauvais état, Charles Desprez, receveur de la terre et seigneurie de Marcoussis d'une part et Georges Benoist, charpentier demeurant à Linois, lesquels ont fait le marché et convention quy ensuit, c'est à scavoir que ledit Benoist a promis et s'est obligé de faire construire un pressoir à roüe propre à pressoirer de la grandeur .., dix pieds et demy tous sens ..., bois d'orme une visse de bois de cinq pieds de long ..., oultre moyennant le prix de cent cinquante livres, tous les viels bois quy outre seront provenant dudit pressoir destruit appartiendront audit Dubois, lequel est situé audit Marcoussis au lieu ordinaire et accoustumé desdits pressoirs. Présents ..., Claude Boulogne sergent des prisons au baillage et chastellenie de ce lieu. Notons le sergent des prisons que nous avions citées dans la première chronique au château.

Nous arrivons en 1698, comme nous le verrons dans une chronique spécifique au seigneurs de Marcoussis, Léon de Balsac a emprunté des sommes qui sont adossées à ses biens; de ce fait, ces derniers doivent être entretenus afin d'assurer une garantie à ses créanciers. Nous ne retiendrons que ce qui est lié à la justice et aux pressoirs:
- dans le château aux deux tours qui servent de prisons, il y a plusieurs entrenoux? aux planchers au-dessus à refaire et quelques enduits à faire au pied des murs du passage et corridor y joignant.
- visite des pressoirs au bourg de Marcoussis, la visse du pressoir à main gauche en entrant est fendue et cassée, est nécessaire d'en mettre une autre en bon bois de noyer, ... second pressoir ... pignon en pointe du côté des Célestins, ... couverture en roseaux
- refaire les deux murs de face du petit bastimen joignant ledit pressoir, qui servoit cy devant à tenir & rendre la justice, ... refaire la pièce et fournir tables, bancs et chaises pour tenir l'audience, ceux qui estoient restant de présent en plus grande partye pourye, une porte avec la baye d'entrée et une croisée total 650 livres .
- au bastiment servant de logement au garde tenant audit parcq..., pignon vers le costé du grand parc.

En 1700, suite à cette visite provoquée par ses créanciers, Léon de Balsac s'exécute et un arrêt consigne les faits. Retenons la même année une quittance donnée par Estienne Chappe charpentier à Livris? pour ouvrage de charpenterie au pressoir.

Les créanciers ne lachent pas prise, et cette fois en 1701, à leur demande, Alexandre de Balsac, fils aîné de Léon, est obligé de faire procéder à la réparation des bastimens de la seigneurie y compris le château par adjudication au rabais, en l'auditoire devant le bailly dudit Marcoussis... Premièrement à la ferme d'Espilandry... Aux pressoirs, convient de faire trois travées de chaume,... Au bastiment joignant ledit pressoir servant d'auditoire, convient de faire à neuf le plancher au dessus... mettre une porte neuve et une croisée à la fenestre ...

Notons en 1702, l'apposition des scéllées au château de Marcousis, montrant le personnel attaché au baillage: Antoine Lhéritier, bailly, juge dudit baillage et chastellenie de Marcoussis, , accompagné du procureur fiscal dudit baillage, et de notre greffier ordinaire et assisté de Claude Boulogne sergent audit baillage...

Deux ans après, sur la requête d'Antoine Lhéritier bailly juge et garde ordinaire du baillage de la dame de Marcoussis, a oui Molé procureur fiscal, qui propose Jérôme Blondeau tabellion dudit Marcoussis comme greffier du baillage. Ceci est un exemple, on trouve dans les registres du baillage les mêmes propositions pour toutes les personnes exerçant dans la châtellenie de Marcoussis, tabellion, procureur, sergent...

Les années qui suivent vont nous montrer que l'on séjourne facilement en prison:
- impayés en 1705, Jean Roger, manouvrier demeurant en ce lieu de Marcoussis étant et comme prisonnier des prisons de ce baillage, et icelluy Roger étant pour l'effet cy après hors desdites prisons, en une salle et chambre basse du château seigneurial de Marcoussis et Louise Crosson sa femme quitte transporte ... Les prisons se trouvent bien à cette époque dans le château.
- collecteurs défaillants, en 1709, Denis Crosson un des collecteurs des tailles de Marcoussis pour les tailles de 1708 a esté amené en les prisons par moi François Gaudeau, huissier commissaire des tailles de l'élection de Paris . La même scène a lieu pour Pierre Fortery, Pierre Regnault, et Claude Boulogne, ayant également les mêmes problèmes.

Nous arrivons en 1720, Alexandre de Balsac, ...., fait un eschange avec Simon Simon manouvrier, c'est à savoir que ledit seigneur délaisse par ces présentes une maison manable et logeable contenant deux grands espasses couverts de thuille appliquée à une chambre basse à feu ..., le tout en fond de terre contenant un arpen non compris les bastiments, ladite maison, jardin, scize sur le carrefour de devant l'auditoire et pressoir dudit lieu, tenant d'une part ladite maison sur le carrefour et ledit jardin à l'endroit où sont encore les fondements des murs de closture d'icelluy jardin le long de la ruelle et chemin de ce lieu à Nozay, d'autre part ledit jardin au surplus appartenant audit seigneur tenant d'un bout par hault aux bois du grand parc, un fossé entre deux, d'autre bout sur le chemin de ce lieu au chateau dudit seigneur sur la grande porte d'entrée dudit carrefour ce bien échangé contre treize livres dix huit sols de rente foncière, rachetable 278 livres . A cette époque le baillage actuel n'existe pas, et ce bâtiment et jardin correspond au baillage ancien.

En 1730, dans l'aveu de la seigneurie de Marcoussis retenons:
- dans les délimitations le chemin proche la justice et les fourches patibulaires dudit Marcoussis, au lieu appelé Forville,
- nous avons tout droit de haute, moyenne et basse justice, clergé, tabellionage,
- droit de bannalité des pressoirs,
- lequel pressoir est dans le village , tant à faire vin que cidre, tenant à l'auditoire et lieu où se tient la justice, avec une maison proche la porte du grand parc, occupé par un garde chasse
(maison de 1720?).

La fin des Balsac s'approche, début 1751 une estimation et état de la seigneurie est faite en vue de sa vente:... les deux pressoirs compris dans le bail du fermier sont situés sur la place du village proche et à gauche de la porte près le petit parc, et consistent en deux petits édifices de rez-de-chaussée couverts de thuiles en comble à deux égouts, celuy en face de la place adossé au mur du petit parc, de quatre travées de longueur, l'autre en retour de trois travées dans lesquels sont ledits deux pressoirs à vin l'un à arbre l'autre à tourniquet garnis de tous leurs ustensiles, tournant travaillant et autres, et dans le deuxième desdits édifices au bout vers ladite place, une chambre où se tient l'audience de la justice du lieu, qui est carrelée à poutres et solives apparentes, éclairée par un chassis avec contrevent et une petite porte pleine.

Notons en 1758, la vente d'un jardin sur la rue qui descend de l'auditoire et pressoir bannaux à la rivière de Salmouille et fontaine du Mesnil, ...

Relevons, en 1768, Jean Grignon comme notaire, greffier et huissier du Baillage.

 

Situation début XIXe siècle.

Pour terminer avec l'ancien baillage signalons que différents registres permettent de décrire les travaux de remise en état de la seigneurie (château, fermes, baillage, pressoirs, auditoire, étangs) , les saisies sur les redevables, les constats de vols, poses de scellées lors de décès, nominations du personnel (bailly juge, tabellion, greffier, sergent, procureur fiscal ), l'entretien de la Salmouille, les noyades, les tutelles de mineurs qui constituent les minutes du greffe. Également un registre de la geôle de Marcoussis, un autre des amendes jugées et des sentences ...

 

 

Nouveau baillage

La Comtesse d'Esclignac, dame de Marcoussis, au travers de son entrepreneur de bâtiments Théodore Cucul, demeurant paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, à la tête des ouvrages concernant Madame la comtesse d'Esclignac, fait réaliser le nouveau baillage entre juin 1783, date de vérification d'alignement du futur auditoire, et décembre de la même année, celle de l'inauguration de la salle d'audience par les bailly, juge, procureur fiscal, procureurs (avocats actuels), Clérambourg homme de confiance de la Comtesse et Nicolas le Dur commissaire au terrier de Marcoussis.

Louis Ladey, notaire du baillage y résidant et Théodore Cucul se transportent en une maison appartenant à Jean-Pierre Gallas, vanier de Montlhéry, sise en la "ruelle allant à Nozay", à l'effet de repérer l'alignement du mur mitoyen entre le bâtiment dudit Gallas, et la place destinée à construire le baillage de ce lieu.

Le baillage se construit dans les six mois qui suivent et en décembre, est comparu devant nous bailly, le procureur fiscal nous a dit que le nouvel auditoire que madame de ce lieu vient de faire construire pour les audiences de ce baillage, se trouvant en état, il requiert qu'à partir de ce jour la justice sera rendue et le siège tenu dans ledit nouvel auditoire, ... et de fait en exécution de notre ordonance avons assisté messe du Saint-Esprit, en l'église paroissiale, nous bailly, procureurs, sergents, puis nous nous sommes transportés en la nouvelle salle d'audience en présence de Pierre Antoine Clérambourg et de Nicolas Ledur, commissaire à terrier. La même scène va se dérouler en octobre 2013, avec des intervenants différents inaugurant ce bâtiment dont on n'a conservé que les murs extérieurs.

En 1785, on trouve une ventilation du revenu de la châtellenie de Marcoussis, faite sur l'aveu rendu:
- le baillage et son jardin occupé par le greffier, tabellion et receveur , sans production,
- le pressoir banal auquel sont assujettis par baux et cens 146 arpents de vignes à 30 sols par arpen donne 200 livres.
Ce document nous montre qu'outre l'auditoire, Didier Ladey loge dans ce bâtiment.

Nous arrivons à la période révolutionnaire: le 4 avril 1789, en l'assemblée convoquée au son de la cloche, sont comparus en l'auditoire de ce lieu, par devant nous Didier Ladey, notaire et greffier du baillage de Marcoussis, à cause de l'indisposition de Jacques Claude Susane, bailly, ... suit une soixantaine de noms, dont vingt cinq signeront pour porter par trois députés leur cahier de doléances.

En fin d'année le registre d'audience du baillage sert à retranscrire les textes de lois.

La comtesse d'Esclignac décède en janvier 1790. A la fin du mois a lieu la première élection municipale. A l'issue de la grand messe, en l'assemblée des citoyens actifs (qui paient des impôts), tenue en l'hôtel du baillage,... Les héritiers ne se sont pas encore manifestés. Le baillage devient provisoirement la salle commune de Marcousis.

Voyons l'inventaire à la même époque fait dans une maison appelée baillage, en présence de Louis Didier Ladey greffier et tabellion dudit baillage et y demeurant:
- vestibule,
- dans l'étude dudit Ladey ayant vue sur la rue,
- salle à manger ayant vue sur le jardin,
- salle ensuite vue sur le jardin,
- cuisine vue sur la rue,
- fournil ayant vue sur la rue,
- dans l'écurie,
- bucher,
- 4 chambres au premier,
- au second, chambre, grenier.

Le notaire est resté dans les lieux, l'étude donnait sur la rue de Versailles à Montlhéry. Ce constat vérifié dans un document de l'an 4 "que ce lieu estoit occupé par le deffunt citoyen Ladey, ancien notaire et receveur du domaine de ce lieu". En novembre 1790 se déroule le renouvellement d'une partie des élus, toujours un dimanche, à l'issue de la grande messe paroissiale, en l'assemblée des citoyens actifs tenue en l'hôtel du baillage, ... Les héritiers de la Comtesse ont pour certains quitté la France. Les biens de la défunte comtesse vont être partagés "entre les restant en France" et la Nation (représentant 3 héritiers émigrés) . Le 23 janvier les marcoussissiens se retrouvent sans salle commune et écrivent aux représentants de la comtesse : le conseil général de la commune de Marcoussis vient de nous députer pour vous exposez que depuis que les scellées sont en la chambre d'audience du baillage de Marcoussis, dans laquelle vous aviez bien voulu permettre à la municipalité d'y tenir ses assemblées, elle n'a plus de lieu convenable pour y tenir ses séances, c'est pouquoi elle vous supplie que vous vous voudrez bien lui permettre d'utiliser la chambre du corps de garde, ancienne audience du baillage pour tenir leurs assemblées... Les marcoussissiens croient encore pouvoir construire une salle commune...

Côté successoral en avril 1791, un acte sous seing privé partage les biens de la comtesse d'Esclignac, la branche Puységur hérite d'un tiers dont Marcoussis, à partager en cinq.

Début 1792, ce sera le dernier bail fait au nom de tous les héritiers dont la plupart s'est fait représenté. Le même mois, la Nation met en vente les biens du Plessis-Pâté. Fin 1792, le service des émigrés vérifie le lieu de résidence des Puységur restant, Armand Marc et Charles David Lepelletier, époux d'Elizabeth Chatenet de Puysegur.

Début 1793, relevons dans un inventaire des biens de la comtesse commençant au château et se poursuivant au baillage:
- salle par bas servant ci-devant d'audience ayant vue sur la rue,
- salle à manger à la suite de l'audience,
- sallon ensuite, avec deux croisées ayant vue sur le jardin,
- cuisine aussi au rez-de-chaussée ayant vue par une croisée sur la place,
- chambre occupée par le citoyen Clérambaud, vue sur la route et le jardin,
- suivent trois autres chambres avec l'argenterie
Esclignac, calice et patenne 550 livres pour ces deux postes,
- .... constat des scellées sur la porte de la salle renfermant les titres de la seigneurie, les minutes du notariat et du greffe ...
Nous sommes transportés dans le bâtiment servant de pressoir, suit l'inventaire des pressoirs: icelui bâtiment étant en la place et carrefour:
- tous les ustancilles dudit pressoir pour mémoire,
- devant ledit pressoir une pièce de bois
le tout pour 4888 livres au inclus.
Cette description est très instructive et nous permet de décrire précisément le rez-de-chaussée du baillage.

En nivose an 2, donc sous la terreur, la municipalité pour faire disparaître les signes de féodalité, a fait appel au citoyen Songeux, maçon, pour retourner dix plaques de cheminées au château et trois au baillage. Etant donné que les deux héritiers non émigrés ont été mis en jouissance de leurs biens les factures leur seront transmises. Notons qu'ils ont touché 131.734 livres provenant des meubles et immeubles et du revenu de la terre de Marcoussis. Le problème n'est pas aussi simple, la Nation détient trois cinquièmes des biens...

En germinal an 2, le baillage fait l'objet d'une soumission pour l'occuper: Je soussigné Thomas Murphy, citoyen de Marcoussis fait une soumission pour louer la maison et le jardin du ci devant baillage pour le prix et somme de 200 livres de loyer par an. Cette demande est envoyée à Versailles le premier germinal. Ensuite Jean Lucas propose 240 livres et le premier floréal Houdon renchérit à 250. Les candidats sont nombreux, le fameux agent national de Marcoussis, Charlemagne Lhomme envoit également aux administrateurs du district de Versailles, une soumission de 200 livres pour une année de jouissance de la maison, ci-deant baillage et le jardin qui contient sept quartiers. Cette soumission a été couverte par une enchère de 40 livres enconséquence d'une lettre de l'administration qui nous interdit le pouvoir d'adjuger un terrain qui contient plus d'un arpent. Je vous demande que le conseil municipal soit authorisé de terminer cette location, pour l'année seulement attendu qu'il est bien "instant de semencer ledit jardin"...

En brumaire an 4, adjudication par la cy devant municipalité à la diligence du receveur des domaines nationaux du bureau de Lonjumeau des bâtiments, cour et jardin du baillage, pour trois années, au citoyen Charles Arranger, marchand de cette commune.

En prairial an 4, la municipalité de Marcoussis a fait place à une administration cantonale à Palaiseau. Une soumission d'acquérir le baillage mentionne que, la section A n° 99 pour le bâtiment contenant 25 perches et n° 100 pour le jardin clos de 170 perches, correspondait à une contribution foncière 334 livres. Ces informations extraites de la matrice du rôle de la commune et certifiées par le citoyen Lhomme devenu maire adjoint dans l'administration de Palaiseau.

Nous arrivons en pluviôse an 5, par devant le notaire de Soissons, le citoyen Armand Marc Jacques Chastenet Puységur, citoyen français, demeurant à Soissons, constitue Louis Etienne Boudier pour le représenter pour passer des contrats à son profit sur Marcoussis, pour sa maison appelée le baillage, les pressoirs, les friches du petit parc, et le potager.

Effectivement, nous retrouvons le notaire Boudier à Versailles la semaine suivante pour le compte du citoyen Armand Jacques de Puységur qui acquiert les trois cinquièmes appartenant à la République dans la maison dite ci-devant le Baillage et le jardin attenant. Ce corps de bâtiment est composé au rez-de-chaussée de cinq pièces au premier étage et grenier au dessus, une cour, remise, écurie, un jardin clos de murs, le tout contenant deux arpents. Ces biens estimés d'après la valeur de 1790 à 5.400 frs. Mais depuis la loi de ventôse dernier à partir de la matrice du rôle, sa valeur devient 10.220 frs et les trois cinquièmes de la République à 6.132 frs. La même scène a lieu pour le potager seigneurial et également pour deux corps de bâtiment, contenant pressoir et un terrain dit le Petit Parc; ces deux corps de bâtiment se joignant et formant équerre sur la place du champ de foire et distribués en emplacement de pressoir, chambre d'habitation avec grenier, avec deux pressoirs à vis. Le petit parc par derrière contenant 16 arpents.

En brumaire an 7, le citoyen Armand Chastenet Puységur, ce jour à Marcoussis, et Pierre Leroux fondé de procuration de Charles Lepelletier d'Aunay époux d'Elizabeth Chastenet Puységur, lesquelles parties font entre elles les échanges, le citoyen Puységur cède à titre d'échange au citoyen Lepelletier les quatre cinquièmes d'une maison cour jardin lieudit le cy-devant baillage appliqué par bas, en sept pièces dont quatre à feu, au premier neuf chambres et cabinet dont cinq à feu, petite chambre et grenier sur le tout, couvert en thuiles, cour à côté ayant son entrée par une porte charretière, écurie, remise, poulailler, toit à porcs cabinet d'aisances, jardin derrière les dites maisons contenant le tout 43 ares... Armand cède également les quatre cinquièmes de la maison appliquée en une chambre basse à feu, grenier sur icelle contenant en fond de terrain 34 m2, tenant au nord sur le carrefour au sud à la veuve Manon, à l'est sur la place, au couchant aux pressoirs... En contre échange le citoyen d'Aunay cède des terres. Le bâtiment est à cette époque couvert en tuilles.

Le lendemain, Louis Leroux change de représentation et devient fondé de procuration d'Armand de Puységur demeurant à Buzancy, près Soissons, et vend à Charles Lepelletier d'Aunay, demeurant à Paris rue neuve des Mathurins, section de la place Vendôme:
- deux pressoirs à vin, dont un presqu'en ruine,
- un bâtiment en lequel ils sont contenus, au lieudit la porte du parc tenant au levant sur la place publique,
- un petit bâtiment d'autre au couchant au même d'un bout au nord sur le grand chemin de ce lieu à Versailles et d 'autre au midy sur la veuve Jean-Baptiste Manon.
Cette vente faite moyennant 2.000 frs en pièces d'or et argent.
L'argent provient de la vente de l'hôtel d'Esclignac.

 

Extrait de la généalogie des Lepelletier.

 

En ventôse an 7, Elizabeth de Puységur décède, sa fille Aglaé recueille en héritage la terre de Marcoussis estimée à 108.120 frs et des créances sur son père pour 358.000 frs, le baillage et le grand parc font partie des biens. Relevons dans l'inventaire fait à Marcoussis: à la requête de Charles Louis David Lepelletier d'Aunay, propriétaire demeurant à Paris rue des Mathurins, ce jour en sa maison de Marcoussis, à cause de la communauté de biens d'avec son épouse décédée le 13 ventôse dernier, que comme tuteur de Louis Honoré agé de 18 ans, d'un certain nombres de frères et soeurs dont Elizabeth Françoise Aglaé, nous Boudier, nous sommes transportés en la maison du cy devant baillage, pour procéder à l'inventaire des biens:
- chambre par bas servant de cuisine,
- seconde cuisine, entrée par la première,
- grande salle vue sur le jardin et sur la grande route, entrée par un vestibule,
- salon ayant son entrée par la chambre cy devant désignée, vue sur jardin & cour,

- cave sous les deux cuisines,
- chambre au premier servant d'antichambre, entrée par corridor et vue sur le jardin...
En bref le baillage est devenu une résidence d'été de propriétaire (Aglaé) demeurant dans la Somme.

Notons en thermidor an 7, lors d'une visite pour estimation du château de Marcoussis, mention de prisons sous la chapelle du château, ce qui n'a pas souvent été retenu.

À la fin de l'an 7, Alexandre Joseph Delamyre et Aglaé Lepelletier d'Aunay, lesquels par les présentes ont fait bail à loyer pour cinq années au citoyen François Couronnel, aussi propriétaire demeurant à Paris rue Mironeny division de la place Vendôme:
- une maison composée par bas de six pièces dont quatre à feu, au premier de septs pièces dont cinq à feu, au second de cinq chambres dont une à feu grenier à côté,
- basse cour en laquelle sont deux buchers, une remise, une écurie, une vacherie, un toit à porc , poulailler, lieux d'aisances, fermé par une grande porte charretière;
- jardin derrière lesdits lieux clos de murs,
Ladite maison garnie des meubles qui y sont présentement,
- plus la chasse du grand parc, celle du grand étang et aussi les terres et prés appartenant audit bailleur à Marcoussis.
À la condition d'engiboyer le parc de manière que ce dernier ne soit endommagé et le rendre en fin de bail avec 400 lapins ainsi que les pièges et autres ustensilles qui s'y trouvent. Le garde aura une clef du parc et pourra y entrer pour surveiller, sans armes.
Un petit cabinet au second avec vue sur le carrefour est réservé pour le bailleur. Le bail fait moyennant 1.500 frs de loyer; le preneur pourra avoir deux vaches.
Dorénavant, la propriété servira de résidence secondaire pour parisien associée à un domaine de chasse très important.

Notons également en brumaire an 13, le bail pour neuf années par Alexandre de Lamyre à François Coispeaux, charpentier, d'une grange de trois travées couvertes de tuiles où étaient anciennement les pressoirs bannaux , situés entre le petit parc à l'ouest, et une petite maison et la place à l'est et entre le chemin de Versailles au nord et la maison de Jean Pierre Manon (vendue ensuite à Retouné) au sud.

En 1815, l'ancien baillage devient temporairement mairie pour une élection: une assemblée d'habitants qui se sont réunis pour la nomination du maire adjoint, en présence de Boudier maire actuel qui a désigné pour lieu de la réunion, la grande salle où se tenaient cy devant les audiences de justice et où se tient la présente assemblée...

François Coipeaux charpentier décède en 1817. Ses enfants se partagent son héritage dont une maison, un pressoir et des rentes. Dans le lot 2 figure un pressoir à vin , monté, étant dans un bâtiment sis à Marcoussis, tenu à loyer de Mr Delamyre, avec tous les ustenciles qui peuvent en dépendre. 

À suivre...