Les seigneurs de Lormoy (1ère partie)

Plan du domaine au 18ème siècle

 

Décembre 2007

J.P. Dagnot

C. Julien

 

Chronique du vieux Marcoussy

 

 

 

 

Cette Chronique relate l'histoire du domaine de Lormoy à Longpont-sur-Orge (cant. Montlhéry, arr. Palaiseau, Essonne). Le but n'est surtout pas de reproduire l'excellente monographie de Maddy Guillon (1986), mais d'essayer d'apporter des informations complémentaires sur les seigneurs et le domaine sous l'ancien régime avant la période de la famille Pajot (1710). Nous essayons "d'être curieux et plus chanceux" ( dixit Maddy Guillon).

Rappelons pour les lecteurs extérieurs à Longpont, que Lormoy (autrefois l'Ormois, puis Lormois, la terre où poussent les ormes ) est le chantier situé au sud de la Basilique avec l'Orge comme limite orientale.

 

 

Les premiers documents

Dans l'Inventaire des Titres du comté et châtellenie de Montlhéry (1756), il est fait mention de lettres patentes de juillet 991 à « Jean, abbé titulaire des abbayes de Saint-Denis et de Saint-Germain des Prez un certain territoire du domaine dit Les Marches (à présent Launay) situés aux environs de Montlhéry proche de la Seine , joignant la rivière d'Orge sous la forêt de Séquigny, ensemble toute la forêt de ce même lieu, à la charge de relever à perpétuité du comté de Montlhéry ». Donc, Hugues Capet récompensa Jean Labbé des services qu'il en avait reçu et donna les terres de Saint-Michel, Launay et Lormoy. Ce Jean Labbé peut être considéré comme le premier seigneur de Lormoy. Cette terre fut toujours liée à Launay où était située la maison seigneuriale.

 

 

Comme toujours, c'est le Cartulaire de Longpont qui nous renseigne. Vers 1100, le toponyme Petra Omessa (Lormoy) est évoqué quand Gaudric de Cavanvilla [Geoffroy de Chouanville] donna aux moines du couvent Sainte-Marie deux arpents de terre chargés de dix deniers de cens (charte LXXIII). Ce bien-fonds jouxtant Lormoy " juxtra Petram Omesiam " est situé dans le fief de Milon Basset qui accepte le transport des droits féodaux. Ce même Geoffroy est surnommé Payen en 1080 pour une donation de bois à Saulx. Il assiste encore Guillaume Cochevis qui regrette son opposition envers le couvent de Longpont. Vers 1136, Gui de Launay est nommé à plusieurs reprises comme témoin à Longpont. En 1146, Garin, fils de Payen, est témoin du legs de Guillaume Cuchivis le jeune, chevalier de Montlhéry, qui donne en aumône la sixième part de son fief de Brétigny.

Dans le registre de Philippe-Auguste (début du XIIIème siècle) Robert de Varennes fut déclaré être homme lige du roi pour ce qu'il " avoit apud Grotel juxta Petram Ormesiam ". Les frères Milon, Pierre et Guy de Launay " Milo & Petrus & Guidone de Alneto " étaient également déclarés hommes liges de Philippe-Auguste. Hugues, le fils de Milon, se fit religieux à Sainte-Geneviève de Paris. Les frères Milon et Pierre léguèrent aux moines de Longpont du grain à percevoir à Leudeville. Ces chevaliers possédaient le moulin de Buison et des terres à Fontenelle.

Par la suite, très peu de documents nous sont parvenus. Il faut attendre le XVIème siècle pour des déclarations de baux à cens et rentes dans le terrier du prieuré de Longpont.

A partir de 1529, Jehan Lehoux, marchand de Montlhéry, commence à rassembler les terres situées dans la censive de Lormoy. Mathurine Peuvrier lui vend " un arpent et une quarte de terre en deux pièces assise prês et audessus du moulin de Grotteau en la censive du seigneur prieur de Longpont". Un autre arpent de terre est acheté la même année. En 1527, Jean Lehoux signe un contrat de vente avec Jean Favrilly, praticien à Montlhéry pour un arpent de terre au terroir de Grouteau. En 1531, un échange est passé entre Pierre Peuvrier et Jehan Lehoux 9 quartes de terre faisant partie de 2 arpents ou environ assis au dessus du moulin de Grotteau au chantier dit des Buissons.

 

Le domaine de Lormoy sur la carte des Chasses (1750)

 

 

Les premiers propriétaires au XVIIème siècle

En 1600, on ne peut toujours pas parler de seigneurie de Lormoy puisque le domaine est une roture, partie censive de Longpont, partie censive de Villebouzin.

Un acte important arrive en 1625, quand la famille Lehoux vend Lormoy. C'est la vente par "Jehanne Lehoux femme de deffunt messire Louis Guignard procureur au siège royal de Montlhéry à honorable homme Justin Labbé, archer des gardes de la porte du Roy, demeurant à Paris paroisse saint Germain l'Auxerrois, la ferme de Lormoy sise au champtier de Grousteau : plusieurs bastimens court fermée de murailles, jardin et terres plantées en vignes, boys & arbres fruitiers &c. en censive prieur Longpont et seigneur de Villebouzin". Cette vente faite moyennant la somme de deux mil livres tournois réglée sous forme de rente annuelle de 62 livres . Egalement le même jour, on trouve un droit de douaire de "honorable femme Françoise Lestourny" sur une maison appelée la ferme de Lormoy de six cents livres. L'acte précise que Jehanne Lehoux est sa fille.

 

 

Cinq ans plus tard, on apprend que Lormoy change de mains. " Justin Labbé et Marguerite Perreau sa femme de lui autorisée, confessent avoir vendu à noble homme messire Pierre Saulger, la ferme de Lormoy size au chantier de Grousteau prez Longpont qui se consiste en plusieurs bastimens, cour fermez de murailles jardin et clos derrière plantez en vignes, boys et arbres fruitiers, contenant en fond de terres huit arpents tendant au chemin de Guiperreux à Longpont, d'autre à Loys Leroyer, au chemin de Montlhéry à Grousteau:
• item trois quartiers et demy de saulsayes prez le moullin de Grousteau,
• avec bestiaux colombier. La vente faicte moyennant 3.500 livres ".

Ce Pierre Saulger appartient à la noblesse de robe. Il est conseiller général de l'argenterie du Roy, garde des rolles des officiers de sa Majesté, demeurant rue du Grand Chantier paroisse Saint-Nicolas-des-Champs. Il est marié à Geneviève de Ninan, belle-sur de Jean Bagereau, " escuyer, prévost de la chatellenie espoux de demoiselle Catherine de Ninan ". Dès son achat, il engage l'agrandissement du domaine et de spectaculaires travaux d'aménagement dans le goût du XVIIème siècle. En 1637, le procureur de Pierre Saulger échange avec " les religieux Célestins sept quartiers de terre prez la fosse aux clercs au dessous de la maison de Lormoy autrement appelée la ferme de Grousteau ".

Puis en 1641 un acte très important pour Lormoy. Pierre Saulger obtient du seigneur éminent, le duc Gaston d'Orléans, l'autorisation " de faire fouiller le vieux chemin d'Orléans pour réunir toutes les eaux des sources qui sont en iceluy & de les conduire en la maison de Lormois " . Une seconde autorisation est nécessaire de la part du seigneur de Villebouzin dont les sources du Mesnil et des Fontenelles sont dans la mouvance. La propriété des eaux vives de Longpont deviendra un objet de conflit tout au long du XVIIIème siècle. Une prochaine Chronique leur sera consacrée.

Après avoir obtenu satisfaction pour son alimentation en eau, Pierre Saulger convoque en 1642 l'architecte paysagiste : "fut présent en la personne Denis Petit, terrassier, demeurant au faubourg Saint-Antoine à Paris estant de présent en cette ville de Montlhéry, lequel a volontairement recongnu & confessé avoir promis à noble homme messire Pierre Saulger, demeurant à Paris estant de présent en sa maison de Lormoy, acceptant de faire la fouille qu'il conviendra de faire pour un canal siz au bas de l'enclos de la maison dudit sieur Saulges audit Lormoy de cent quatre toises de long ou environ, sept toises de large et cinq pieds de profondeur au droit du bout dudit canal coté Longpont et quatre pieds du costé du moulin Grousteau afin que l'eau puisse s'escouller entièrement du costé dudit Longpont., sera la décharge de l'eau dudit canal par une bonde et glacier,.... , la terre des fouilles transportée pour faire une terrasse de six pieds de haut. Ledit canal aura trois pieds de tallus et ledit Petit sera tenu de mettre de niveau une allée tout au pourtour dudit canal de treize pied de large .... dresser la grande allée d'Orléans, gazon, le tout fait et parfait dans deux mois, le marché fait moyennant 35 sols pour chaque toise cube à payer au fur et mesure du travail et 60 livres pour les tallus gazon sièges et banquettes.

En novembre 1642, un accord est passé avec son voisin, le prieur Michel Le Masle (1) qui lui concède le passage des " tuyaux & acqueducs nécessaires depuis les Fontenelles et la pose d'un tuyau dans la rivière [d'Orge] au dessus du moulin de Grouteau pour faire tomber de l'eau de ladite rivière & verser dans son carré " .

En 1645, le prieur de Longpont concède à Pierre Saulger "à cause de sa maison de Lormoy, il auroit eu et à dévotion d'avoir une chapelle et lieu commode tant pur luy que pour madame son espouze leurs enffans et successeurs pour y entendre le service divin. Il a supplié très humblement de lui vouloir concéder la chapelle appelée saint Nicolas qui est au coing du grand autel à main senestre en entrant dans icelle , n'estant ladite chapelle affectée à aulcune fondation ny service particulier, ladite chapelle le sieur Saulger offre d'entretenir de tout ce qui sera nécessaire pour l'ornement d'icelle, en remerciements des bons offices par les reliquaires et ornements dont il a fait présent pour la décoration de ladite église". Cette concession sera renouvelée trois ans plus tard aux successeurs de Pierre Saulger.

Par la donation entre vifs de 1646, Lormoy passe dans les mains du couple Arnoult-Saulger (2). Furent présents en leur personne Messire Pierre Saulger , demeurant à St Eustache, en son nom & comme tuteur des enfants de luy et de deffunte Geneviève Nynan sa femme, et Messire Nicolas Arnoult aussy conseiller du roy en son conseil, maître d'hôtel de sa majesté et Geneviève Saulger sa femme, lesquels ont fait les eschanges et transports, c'est à savoir ledit Saulger délaisse :
- la maison de Lormoy consistant en un grand corps de logis, avant-cour, cour, basse-cour dans laquelle est le colombier , clos, jardin fermez de murs autour ladite maison, prez, bois, vignes, terre labourable & moulin à eau (3),
- le droit de chapelle dans l'église de Longpont par la concession accordée par monsieur Desrochers seigneur dudit Longpont,
- comme aussi tous les droits de passage des eaux et passage des tuyauls dans la rivière pour conduire les eaux dans la maison,
- meubles qui sont dans ladite maison exeption du foin et du vin que le sieur se réserve.
Contre 2.360 livres de rentes et une maison à Vaugirard.

 

Le fief de Lormoy

Le second acte passé en 1648 est d'une importance capitale : le propriétaire devient seigneur, il détient Lormoy en fief . "Entre Pierre Grisson, chevalier, seigneur de Villebouzin, le Mesnil & Beaumon, conseiller & maistre d'hostel ordinaire de la maison du roy, demeurant ordinairement audit Villebouzin, d'une part, et messire Nicolas Arnoult, conseiller du roy en son conseil, maitre d'hostel de sa majesté, demeurant à Paris rue de la Platrière paroisse st Eustache d'autre part disant lesdites parties mesmes ledit seigneur de Villebouzin qu'à cause de sa terre et seigneurie du mesnil, il a droit de prendre sur la totalité de la maison pourpris court, jardin parterre dictes appelés vulgairement Lormoy appartenant audit sieur Arnoul, estant en la censive dudit sieur de Villebouzin, les cens lods et ventes saisines et amendes, ledit sieur de Villebouzin à l'instante prière & requeste dudit sieur Arnoult a commué, converty et inféodé de simples rotures qu'ils estoient en un fief avec droit de basse justice, ceddé quitté et transporté dès maintenant audit sieur Arnoul le droit d'inféodation, à la charge de faire construire et bastir quand bon luy semblera un coulombier à pied dans ladite maison de Lormoy . Il baillera le dénombrement audit sieur de Villebouzin dans quarante jours relevant du fief du Mesnil, ledit sieur Arnoult pourra appeler dorénavant ladite maison de Lormoy , le fief de Lormoy et oultre moyennant la somme de huit cens livres tournois, cet acte servant de foy & hommage" (4).

Désormais, la terre de Lormoy est devenue un arrière-fief pour ce qui concerne Villebouzin " et pourra ledit sieur nommer et appeler dorénavant lad. Maison de Lormoye et appartenances dicelle le fief de Lormoye ". On sait qu'elle contient 45 arpents et 25 perches. Les droits de mutation sont fixés à 800 livres (5). Il reste des parcelles dans la censive de Longpont, comme la maison Gouffier à l'entrée du parc du côté de la Croix Boissée (6). C'est également vrai sur tous les terrains achetés par Lehoux vers 1630. Après 1648, la situation devient encore plus complexe : le propriétaire de Lormois doit faire sa déclaration censuelle aux moines du prieuré et son aveu et dénombrement au seigneur de Villebouzin.

En 1660, messire Nicolas Arnoult et dame Geneviève Saulger sa femme de luy autorisée, confessent avoir vendu à monsieur Paul Legendre, acquéreur, c'est à savoir:
- la maison & fief de Lormoy , consistant en un grand corps de logis & autres bastimens ou y a chapelle
- cour avant cour & basse cour dans laquelle est un vollet à pigeons,
- jardin clos, fermé de murs planté d'arbres fruitiers bois et espalliers
- canaux et fontaines, ... deux grandes portes cochères au devant,
- le droit de chapelle en l'église de Longpont,
- 44 arpents de terres labourables,
- 23 arpens de prés, ....
- le droit de passage des eaux et tuyaux des fontaines suivant la concession
- mesmes tous les meubles lits tapisseries, ....
le tout appelé fief de Lormoys relevant de la terre & seigneurie de Villebouzin, ..... ladite maison appartenant à la dame Arnoul venant de son père.
Cette vente faite moyennant le prix & somme de soixante douze mil livres.

En avril 1665, le nouveau seigneur de Lormoy fait l'aveu d'inféodation auprès du seigneur de Villebouzin. Paul Legendre (1619-1710), demeurant rue du Lyon à Paris, est conseiller du Roy en ses conseils, procureur général de sa majesté en son Parlement de Metz. Il est marié à Françoise de Chaulnes qui apparaît comme marraine dans différents actes de baptêmes. Le 20 novembre 1684, ondoiement de Jacques Bourgeron, le parrain Jacques Legendre, abbé chanoine de N.-D. de Paris, la marraine Françoise de Chaulnes, femme de Paul Legendre, maistre des requestes.

 

 

Fin 1695, Paul Legendre donne les fief, terre & seigneurie de Lormoy à son fils Gaspard-François marié à Marie-Anne Pajot. Début 1696, Gaspard-François présente " foy & hommage pour son du fief de Lormoy au seigneur de Villebouzin " , il se déclare " conseiller du Roy en ses conseils, maitre des requestes ordinaire de son hostel, demeurant rue Beauveiller à Paris, paroisse Saint-Paul ".

Lormoy ne reste pas longtemps dans les mains de Gaspard. Le 15 février 1710, messire Gaspard Legendre, chevalier, seigneur de Lormoy, conseiller du Roy en ses conseils, maistre des requestes ordinaire de son hostel, intendant de justice police et finances en la généralité de Montauban, demeurant à l'hostel de la Trillère , paroisse Saint-Eustache, lequel a vendu à messire Christophe Pajot, seigneur de Launay et de Saint-Michel-sur-Orge, abbé de la Chassaigne et de Valsainte, conseiller du roy en sa cour de parlement séant en la grande chambre , demeurant à Paris, rue du Bourdonnais, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, les fief, terre & seigneurie de Lormoy et toutes les maisons, terres, prés bois, vignes, rentes foncières, plus la ferme size à Montlhéry en la grande rue, ces biens venant de messire Paul Legendre et Françoise de Chaulnes, ses père & mère, et auparavant de Nicolas Arnoul ... est compris dans la présente vente le droit de chapelle et banc en l'église de Longpont, cette vente faite moyennant la somme de 78.000 livres pour le fief et 6.000 livres pour les meubles.

En fait, Lormoy reste dans la famille puisque le nouveau propriétaire, Christophe Pajot, n'est rien moins que l'oncle de Marie-Anne Pajot.

La suite de cette Chronique est exposée dans la monographie de Maddy Guillon (7).

 

 

Notes

(1) Cet acte est la preuve que Gaston d'Orléans n'a jamais été propriétaire de Lormoy et n'a jamais construit le premier château. Maddy Guillon nous dit dans son étude : " d'après la tradition orale qui ne semble pas contestée, Gaston d'Orléans aurait entrepris la construction d'un château sur la terre de Lormoy, soit vers 1627-1628 ". Gaston d'Orléans n'a jamais mis les pieds à Longpont, il n'en était que seigneur éminent après la réception du comté de Montlhéry en apanage.

(2) C'est le moulin de Basset situé en amont sur l'Orge.

(3) Michel Le Masle, seigneur des Roches, demeurant à Paris dans le cloître Notre Dame, dont il était chanoine, avait reçu le bénéfice de prieur commendataire du couvent N.-D. de Longpont depuis 1639.

(4) L'inféodation, c'est l'action de mettre en fief une chose qui ne l'était pas.

(5) Lors de succession ou de donation en ligne directe : " les droits de fiefs, quint, reliefs et autres proffits de fiefs ".

(6) 20 juin 1666. Transaction entre Paul Legendre seigneur propriétaire de Lormoy et Jean Gouffier vigneron demeurant Longpont et Perette sa femme par laquelle transaction voir que ledit Gouffier auroit vendu audit Paul Legendre une maison, cour et jardin assis audit Longpont lieu du Bout Cordeau faisant présentement partie du parc audit Lormoy à la charge de 1 lt 5 sols de rente envers les religieux de N.-D. de Longpont quoi qu'ils eussent droit de prendre sur ladite maison le héritage. Le sieur Gouffier dédommage le sieur Paul Legendre qui se charge de payer et coutumes laditte rente de 2 lt 2 st aux religieux.

(7) Exemplaire visible à la bibliothèque municipale de Montlhéry.

 

 

 

 

 

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