La chapelle Saint-Louis du château de Montlhéry

Chronique du Vieux Marcoussy ------------------------------------- _-------------------------------Juillet 2009

Le bourg et château de Montlhéry (gravure de Claude Chastillon).

JP. Dagnot

C. Julien

 

 

Cette chronique rapporte quelques documents d'archive relatifs à la chapelle Saint-Louis du château de Montlhéry , monument qui a physiquement disparu de nos jours et souvent oublié dans la mémoire populaire. Faute de chartes ou parchemins anciens, nous nous rapportons d'abord aux historiens des XVIIe et XVIIIe siècles, tels l'abbé Lebeuf, Millin ou Duchalais.

 

 

Saint-Louis à Montlhéry  

Louis IX, roi de France, dit Saint Louis, séjourna à plusieurs reprises à Montlhéry . Comme il était mineur à la mort de son père Louis VIII, en 1226, la régence appartient à la reine-mère pendant environ dix ans. Blanche de Castille commença par faire sacrer le jeune prince à Reims le 29 novembre, en présence des comtes de Dreux, de Blois et de Bar (1). «  À beaucoup d'ambition et de fierté, Blanche unissait tant d'élévation et de ressources dans l'esprit, un courage si grand, des principes si austères, qu'on doit penser qu'elle fut déterminée par la conviction que seule elle pouvait conserver et agrandir l'héritage de son fils pendant la minorité. Elle n'accorda une entière confiance qu'à Romain Bonaventure, cardinal-légat, sans doute parce qu'étant étranger il ne pouvait avoir d'autres intérêts que les siens. Mais ce fut pour les seigneurs un motif de plus de se révolter, ne pouvant souffrir d'être conduits par une reine castillane et un ministre italien  ».

À peine Louis IX était-il monté sur le trône, que plusieurs barons dont Hugues de Lusignan, comte de La Marche, et Raymond VII, comte de Toulouse, et seigneurs du royaume conçurent le projet d'engager le comte de Bretagne, Pierre Mauclerc, à s'élever contre lui ; ce dernier soutenait un prétendant à la régence et peut-être au trône, Philippe Hurepel, bâtard de Philippe-Auguste, et voulait l'indépendance des seigneurs. et ce fut à Corbeil qu'ils tinrent leur assemblée. Philippe, comte de Boulogne, qui prétendait avoir le gouvernement de l'état pendant la minorité du prince, vint loger à Corbeil le même jour que Louis IX devait coucher à Montlhéry , dans le dessein d'aller le lendemain l'enlever. La légende prétend qu'il se serait caché avec sa mère dans un souterrain.

Les gens de Paris sortirent en armes pour protéger et ramener triomphalement dans la capitale le roi et la régente. «  Les habitans de Corbeil en ayant donné avis à Paris, il en partit douze mille hommes qui ramenèrent le roi dans la capitale  », dit Millin. Une nouvelle ligue se forma dans le but de briser l'épée de la régence en mettant la main sur Thibaut IV de Champagne; grâce aux chevaliers de celui-ci, la rébellion de Hurepel fut écrasée dans le château fort de Bellême. Finalement, les comtes de la Marche et de Bretagne consentirent à un arrangement avec la reine à Vendôme en mars 1227, à des conditions avantageuses à la fois pour eux et pour le gouvernement royal. Louis IX fit bâtir une chapelle à Corbeil, auprès de celle de Saint-Guenault.

Le roi tomba malade en 1244 d'un mal qui faisait des «  progrès effrayants  » et l'on pleurait déjà sa mort, lorsque tout à coup il «  parut se ranimer et le premier usage qu'il fit de la parole fut de demander la Croix et de prononcer le serment d'aller combattre les infidèles  ». Louis IX part, avec une grande partie de la noblesse française, pour la septième croisade le 25 août 1248 du port ville d'Aigues-Mortes qu'il avait fait bâtir pour cette occasion. Après près de six années passées outremer, le roi s' embarque au port d'Acre le 24 avril 1254 et débarque aux îles d'Hyères le 10 juillet. Il arriva le 5 septembre à Vincennes après avoir fait une étape à Montlhéry à la fin du mois d'août 1254 . Partout on se réjouissait, on pleurait de joie sur son passage. Il signala son retour par plusieurs ordonnances, au nombre desquelles on doit remarquer celle qui défendait la guerre entre particuliers, celle qu'il fit contre la corruption des juges, et celle enfin par laquelle il organisa les corps de métiers.

 

 

La fondation de la chapelle Saint-Louis

D'après la légende, revenant de la Croisade, Saint Louis décida de faire ériger une chapelle en remerciement du soutien des Montlhériens lors de son agression par les rebelles en 1227. Aussi, nous savons que son retour précipité de Damiette fut provoqué par la nouvelle de la mort de sa mère. On peut avancer que la fondation de la chapelle au château de Montlhéry fut faite en l'honneur de cette reine qu'il vénérait sans cesse «  matris nostræ Blanchæ illustris reginæ  ».

On peut encore voir aujourd'hui les traces des fondations de cette chapelle "qui a été détruite lors des guerres de religion à la fin du XVIe siècle" (dit-on par erreur) à gauche de l'entrée de l'esplanade du château de Montlhéry. Cette chapelle prit le titre du saint Roi canonisé en 1297. Des lettres royaux du XVIe siècle nous indiquent que la nomination à la chapelle Saint-Louis du château de Montlhéry appartenait au trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris.

Ainsi, le Roi est le patron de la chapelle de Montlhéry dont l'administration était confiée au maître chapelain de la Sainte-Chapelle de Paris qui faisait partie de la maison du roi. Le roi payait les chapelains de ses propres deniers, il leur allouait des redevances sur ses domaines pour tout ce qui leur était nécessaire «  de neccessariis et pertinentibus ad eamdem capellam  ».

Le détail des œuvres de piétés et des vertus chrétiennes de Saint-Louis lui attirèrent le respect, la vénération et l'admiration de tous ses sujets «  Jamais Prince ne fut plus digne pour ses libéralités pieuses … ». Dans un premier temps, la victoire de Louis IX, pour délivrer Jérusalem et les Chrétiens accablés sous le joug des Sarrasins, couronna son zèle religieux, mais il fut arrêté dans le cours de ses conquêtes. Son adoration des instruments de la Passion de Jésus-Christ l'a conduit, en 1245, à la construction de la Sainte Chapelle dans l'enclos du Palais royal à Paris pour y abriter les saintes reliques : la Sainte Couronne et la portion de la Vraie Croix qu'il avait achetées à l'empereur de Constantinople (2).

La charte de fondation précise : «  Prima fundatio sancte capelle. In nomine sancte et individux Trinitatis, amen. Ludovicus Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis tam præsentibus…, quod nos pro salute animæ nostræ, et pro remedio animarum inclytae recordationis regis Ludovici, genitoris nostri, charissimæ Dominæ et genitricis nostrae Blanchæ reginæ, et omnium antecessorum nostrum…, concedente, capellam,…  ». Comme tous les bienfaiteurs de l'Église, le roi demande le salut de son âme, mais également pour ses parents et ses ancêtres (3).

 

 

Les antiquités de la chapelle appelée depuis Saint-Louis

Dans son mémoire le prévôt François de Dinan nous donne certains détails sur l'antiquité de la chapelle Saint-Louis du château de Montlhéry «  Philippe premier tant Louis le Gros son filz sixième du nom que Louis le jeune, filz de Louis le Gros et successeur à la couronne et depuis eux à Saint-Louis a tant à l'envie l'un de l'autre successivement acreu ce chasteau de plusieurs bastimens et fortifications mesmes Louis le jeune faict bastir et construire proche et dedans de la première porte de ce chasteau l'église des prieuré et parroisse Saint-Pierre ainsy que depuis le roy Saint-Louis a pareillement et attenant ce chasteau faict bastir une chapelle depuis appellée la chapelle de Saint-Louis  ».

L'abbé Lebeuf ne donne qu'une esquisse sur l'existence de cette chapelle «  Les pouillés de Paris de 1626 et de 1648, et le rôle des décimes font aussi mention d'une chapelle de Saint-Louis, fondée à Montlhéry. Celui de l'an 1648 la dit située au château, et ajoute qu'elle est à la nomination du Roi  ». Notons que Dulaure (Histoire des Environs de Paris) donne une date approximative qu'il n'a pas pris la peine de vérifier en écrivant « Louis IX, nommé saint Louis, fonda, vers l'an 1250, dans le château, une cha pelle qui porta longtemps son nom  », année où le roi était encore hors de France, en Terre Sainte.

Dans son mémoire présenté à l'Assemblée nationale le 1er juillet 1790, le père Sauveur-Jérôme Morand, chanoine de la Sainte-Chapelle Royale du Palais, fait l'éloge de Saint-Louis «  Louis IX révéré sous le nom de saint Louis fut le modèle des Rois de son siècle et mérité d'en servir à la postérité . Sa foi éclairée ne fut point cette crédulité superstitieuse et bornée qui substitue des pratiques de fantaisie aux devoirs… ».

Sous ce règne, la royauté commence à appuyer son sceptre sur la robuste main du peuple de Paris. Le roi et sa mère, en position délicate, appelèrent, dit Pasquier, «  à leur défense les habitants de la ville avec laquelle les rois de France ont perpétuellement uni leur fortune ». Le roi n'oublia pas sa " bonne ville de Montlhéry " dont Joinville disait qu'elle était au cœur du royaume (4).

 

 

 

L'iconographie de Claude Chastillon nous montre la chapelle Saint-Louis (notée D) située dans l'avant-dernière cour de la forteresse avec la tour-donjon (A), la courtine (B) et la porte principale (C). Selon Guillon, la dévastation de cette chapelle pourrait être intervenue dès 1562, quand «  Pendant les troubles de la Ligue en 1562, Montlhéry fut pris par le Prince de Condé à la tête des Religionnaires  » écrit Boucher d'Argis en juillet 1737 (Nous verrons dans la suite que cette proposition est fausse). La gravure de Chastillon, réalisée sous le règne d'Henri IV, donne de plus amples informations sur l'aspect du bâtiment. Cette église était moins ruinée au début du XVIIe siècle : l'édifice est représenté sans toit, avec des brèches visibles aux deux murs pignons ; une fenêtre en ogive trilobée orne le mur pignon méridional. En avril 1590, le prévôt de Montlhéry fait remarquer que le château est «  inhabitable  ».

De nos jours, seuls la base des murs de la chapelle sont bien visibles. «  Ils témoignent d'un petit bâtiment de 15 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur, orienté bizarrement nord-sud, à une seule nef et implanté du côté oriental du fossé qui est franchi par le pont actuel. L'orientation anormale est, sans aucun doute, due à l'étroitesse de l'avant dernière cour. Cette construction est reliée à l'enceinte castrale par un mur franchissant le fossé  ». Des fouilles menées en 1976 dans le sol de la chapelle apportèrent des vestiges archéologiques hétéroclites tels que fragments de poterie du XIIe et du XIIIe siècle, ainsi que des morceaux de bronze.

 

 

La confrérie Saint-Louis

«  Il y avoit encores autrefois en cette parroisse une confrairie soubs le tiltre de Saint-Louis  », nous dit le prévôt de Montlhéry au XVIIe siècle. Elle était composée de tous les officiers de judicature non seulement de la ville mais de toute la prévôté et la chapelle qui fut destinée pour cette confrérie est celle étant «  à costé du maistre hostel à présent ditte chapelle Nostre-Dame en laquelle le bastonnier avoit le soing de faire dire tous les lundis de la semaine une messe basse des vingt solz que chacun des officiers et des confrères luy mettoient entre les mains pour son droit de confrère le jour et feste de Saint-Louis, patron d'icelle  ». C'est une chapelle qui, après les destructions des guerres de religion du XVIe siècle, avait été fondée dans l'église paroissiale Sainte-Trinité de Montlhéry.

Continuons la lecture du mémoire du prévôt royal «  … auquel jour ce faisoit et celébroit un office solennel en la dicte chapelle et le bastonnier qui estoit en son année suivant l'ordre de sa réception et s'estoient tous les confrères et le lendemain se disoit un service solennel pour les confrères trépassez. Ors quoy que cet usage et cette coustume n'eust rien de contraire aux bonnes mœurs et à l'honnesté publique et qu'elle eust été depuis plus de quatre cens ans inviolablement prattiqué par les officiers et autres ayans serment à justice de la prévosté qui avoient choisi ce jour pour le ramasser des divers endroits de leur résidence et conférer ensemble du faict de leurs charges et professions sans qu'il en soit arrivé aucun désordre  ».

Cette coutume a néanmoins été abolie en l'année 1660 «  par arrest de la Cour que l'intérest particulier ou plutost la lacheté du bastonnier qui debvoit entrer en charge feit obtenir par l'entremise de leurs amis et se soubs des prétextes non seulement faux mais injurieux à la bonne et honeste conduitte des confrères en telles assemblées  ».

Dans un mémoire de compte de l'administration intérieure d'un trésorier de la Sainte-Chapelle à la fin du XIIIe siècle, les détails des dépenses nous indiquent qu'une somme de 7 livres 8 sols a été payées par l'achat d'une nouvelle châsse «  pro tribus archis novis  », 52 sols pour 2 muids de charbon et le portage, 4 livres pour les cordes des cloches «  pro cordis ad campanas  », 48 sols pour des livres religieux et histoires et légendes de saint Louis «  pro libris religandis, historiis et legendis de sancto Ludovico in libris capelle situandis  »…

 

 

La chapelle Saint-Louis au XVIe siècle

Un acte que nous considérons comme primordial fut établi le 10 juin 1542 pour la nomination du sieur Claude Rossignol au bénéfice de chapelain de la chapelle Saint-Louis du château de Montlhéry par messire Philibert Babou, évêque d'Angoulesme et trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris. C'est bien la confirmation du patronage de la chapelle de Montlhéry par le Roi. Le trésorier est le maître-chapelain institué chef de la Sainte-Chapelle qui détient toute la juridiction sur le collège de la chapelle royale. Ce prélat a droit d'officier pontificalement, et quand il le désire est assisté de deux chanoines. Philibert Babou avait succédé à son frère François Babou en 1531 ; plus tard, en 1598, son successeur fut Charles de Balsac qui mourut en 1625.

Le 3 novembre 1548, les lettres patentes du roi Henri II accordent au chancelier Olivier le droit de nommer à la chapelle Saint-Louis Cet illustre magistrat qui «  par la suffisance et la vertu non commune  », dit Montaigne, était parvenu par son seul mérite à la haute dignité qu'il occupait, était devenu seigneur engagiste de Montlhéry et obtint ainsi du roi le droit honorifique dans la chapelle Saint-Louis du château de Montlhéry (5).

Une attestation donnée le 11 mars 1550 par le chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris précise que la masse dont le chapelain du château de Montlhéry est chargé a été exactement acquittée dans l'église de la Sainte-Chapelle.

Les lettres du 3 septembre 1558 semblent indiquer l'état de ruine de la chapelle Saint-Louis « Aujourd'hui daté des présentes, maistre Anthoine Guillet, prestre chapelain ordinaire en la Sainte-Chapelle du Palais à Paris et ...., lesquels ont dit savoir le lieu et endroit laquelle de présent est toute en ruyne et décadence, il n'y a seulement que les murailles ... que depuis deulx siècles ... par plusieurs fois en ladite église estoit une messe de fondation en ladite chapelle Saint-Loys alloit dire icelle messe en l'église Saint-Pierre audit chasteau   ». Il existe également un acte de notoriété pour constater l'emplacement de la chapelle de Saint-Louis du château de Montlhéry et que les messes à la décharge de cette chapelle se disaient dans l'église de Saint-Pierre.

On comprend que cet acte est fondamental car il jette à bas l'assertion de la démolition de la chapelle par les Huguenots en 1562. L'hypothèse de Boucher d'Argis reprise par d'autres auteurs plus modernes ne tient que partiellement. Il est vrai que l'histoire a beaucoup prêté aux Protestants conduits par le prince de Condé. La chapelle Saint-Louis n'était plus qu'un bénéfice.

De 1550 à 1558, des quittances sont données par le chapelain de la chapelle Saint-Louis du château au chancelier Olivier comme seigneur de Montlhéry ; les honoraires du chapelain se montent à raison de 22 livres payées annuellement. En 1562, d'après un papier venant du curé, Condé prit la ville y installa son quartier général, et une armée de soudards pilla et brûla la ville. Les mercenaires finirent la destruction de la chapelle, déjà bien avancée à cette époque.

Une lettre patente du roy Henri III, datée du 18 octobre 1574, accorde à René de Biraguet, chancelier acquéreur à faculté de rachat, de la terre et châtellenie de Montlhéry, le droit de nommer les officiers, même le capitaine du château et la nomination à la chapelle Saint-Louis du château.

Le 5 mars 1585, Jehan Boisneuf, procureur de Messire Léonard Brossault, chappelain de la chapelle Monsieur Saint-Loys fondée au château de Montlhéry , s'est transporté au château de Montlhéry et estant en ladite chapelle du roy et a déclaré la possession réelle et actuelle de ladite chapelle Saint-Loys, fruits et revenus, ayant baisé le grand autel, sonné la cloche d'icelle (rayé!!)... solemnités accoustumées... Bien entendu, le prélat n'a aucune intention de servir la messe, il est simplement intervenu à Montlhéry en tant qu'usufruitier, pour satisfaire à la coutume féodale de prise de possession sachant qu'il n'y avait que des ruines.

 

 

La chapelle Saint-Louis au XVIIe siècle

Au début du XVIIe siècle, Claude Chastillon, ingénieur et topographe au service du roi Henri IV, réalisa deux gravures représentant le bourg de Montlhéry et la face méridionale du château que nous venons d'évoquer. Le 12 juin 1617, Nicolas Richer, chapelain de la chapelle Saint-Louis réclame les droits dus par le seigneur engagiste ; ce dernier n'est autre que Charles de Balsac, mineur âgé de onze ans, fils de Charles de Balsac et de Jehanne de Gaignon, héritier du seigneur engagiste de Montlhéry, François de Balsac, seigneur d'Entragues et de Marcoussis, mort en 1613.

Un mémoire daté du 16 mars 1619 fait intervenir Nicolas Richer, prestre bachelier en la faculté de théologie à Paris, doyen de Linois, chapelain de la chapelle Saint-Louys, fondée au chastel de Montlhéry, dans un différend avec Jehan Gourby receveur du domaine de Montlhéry que détient Jehanne de Gaignon, dame de Marcoussis, veuve de Charles de Balsac, tutrice des enfants dudit seigneur «  disant qu'ayant été pourvu de la chapelle par la résignation qui luy a été faite par Messire Paul l'an 1617, le cinquième jour de décembre, lequel Paul l'avait obtenu par l'évesque de Noyon, trésorier de la Sainte-Chapelle le 20 décembre 1614, par le décès de messire Jean Barin qui en avait été possesseur un long espace de temps  ». Il est dû une somme de 15 livres par an à la chapelle par le seigneur du domaine de Montlhéry (6).

 

 

Selon Du Breul, en 1639, la chapelle «  jadis fondée au chasteau et maintenant accoustumée d'estre desservie en l'église collégiale de Linas, la chasteau ayant été ruiné, vault 18 livres parisis  ».

Le 16 juillet 1770, messire Philippe Louis Noel, clerc minoré de Paris et demeurant au cloistre du faubourg Saint-Marcel, pourvu par Monseigneur l'archevesque de Paris de la chapelle et chapellenie sous l'invocation de Saint-Louis fondée et desservie dans le château de Montlhéry comme vacante par le décès de Messire François Noel, diacre de Paris, dernier paisible possesseur de ladite chapelle, lequel déclare qu'il se démet purement et simplement de tous les droits qu'il a sur icelle chapelle, de laquelle il n'a pas pris possession.

 

 

Les derniers documents

Une délibération municipale de Montlhéry en date du 16 mai 1791 est relative à la chapelle Saint-Louis du château dont l'abbé Boulogne était titulaire qui remet l'état des biens, revenus en charge du ci-devant bénéfice. Voici la délibération. «  L'an mil sept cent quatre-vingt-onze, le seize mai après midi en l'assemblée municipale tenante en la manière accoutumée au lieu ordinaire. Après que sur une lettre adressée à la municipalité par M. l'abbé Boulogne ci-devant titulaire à la chapelle royale Saint-Louis en l'église royale de l'Assomption de Notre-Dame de cette ville en date du 21 avril dernier et le tout y joint des biens, revenus et charge dudit ci-devant bénéficière, il a été pris avec le plus de précaution et exactitudes possibles les renseignements nécessaires pour se mettre en état de répondre  ». Nous verrons lors de la chronique sur la chapelle de l'Assomption, le rattachement de la chapelle Saint-Louis.  

La municipalité ayant délibéré sur le tout observe que les biens et revenus de la ci-devant chapelle de Saint-Louis fondée en l'église royale de l'Assomption de Notre-Dame de cette ville dont Monsieur l'abbé Boulogne étoit pourvu ne consistent que dans les objets ci après dénommé:
1° une rente de 250 livres sur les aides et gabelle,
2° un demi arpent de terre affermé au sieur Barbu moyennant 18 livres par avis suivant la déclaration de ce dernier,
3° une m
aison, cour et jardin attenante à la dite église non louée dans laquelle le nommé Jean Chanvierre dit Mathieu jardinier est logé gratuitement et que la municipalité estime pouvoir valloir 140 livres de location.

À l'égard des charges du ci-devant bénéfice, la municipalité observe que la dotation de cette chapelle étoit originairement outre la maison et la pièce de terre d'un fond de 500 livres de rente sur les aides et gabelle à la charge de dire une messe chaque jour et que cette rente ayant été successivement réduite à 250 livres les prédécesseurs de M. l'abbé Boulogne ont réduit d'eux-mêmes le nombre de messes à une ou deux par semaine ainsi que le dit abbé Boulogne l'a lui-même déclaré par le ministère de son fondé de procuration présente dans la déclaration des biens et charges dudit cy-devant bénéfice faite à la municipalité le 28 février 1790 que les messes peuvent être évaluées à raison de 20 sols chacune eu égard à la fourniture du pain, vin et luminaire et au blanchissage du linge. Fait à Montlhéry en la maison commune…

 

Extrait d'un plan dressé par Naples.

 

Le 18 mars 1881, Mr Naples, architecte, dresse un devis de 8.991 frs pour la consolidation des encorbellements du chemin de ronde du château, l'arasement du mur et la couverture en dalles minces... Lors de la lecture du courrier de Mr Naples au conseil municipal, il est fait observer qu'il n'a pas fait entrer la consolidation du mur de la chapelle dite de Saint-Louis, estimée à 300 frs. De plus, il est dit qu'il serait très intéressant de consolider les ruines des anciennes salles du château qu'il a mis à découvert l'année dernière, le conseil accepte de financer ces travaux...

En 1885, la terre est fouillée avec lit sur berge chargée en brouette, pour le dégagement des ruines de la chapelle Saint-Louis. Le 28 avril de la même année, le successeur de Mr Naples remet le compte des travaux de 1879 au ministre des Beaux-Arts. Mr Naples a pu déblayer la plateforme du château, et mettre à découvert les substructions du corps de logis adossé à la courtine nord, composée d'une grande salle de trois travées, divisé par une épine de colonnes dont les bases sont en place, d'une salle à la suite, de deux travées avec colonne centrale, recevant la tombée des voûtes, enfin d'une petite annexe en saillie sur la cour contenant un escalier à vis. Puis, une lettre jointe au procès-verbal précise «  À notre prochain voyage, nous vous adresserons le plan comprenant en outre les fondations d'une petite chapelle dite de Saint-Louis, découverte en avant et à gauche de l'entrée du château. Nous joignons un mémoire de consolidation des restes de la chapelle de Saint-Louis pour lesquels la commune a voté une somme de 800 frs, ces travaux sont soldés  ».

 

 

Notes

(1) Appuyée sur le légat du Saint-Siège et sur le comte Thibaut IV de Champagne, qu'elle détacha du parti de ses adversaires.

(2) Il y avait anciennement au Palais une chapelle fondée par Louis-le-Gros vers 1020, sous le titre de Saint-Nicolas, et un oratoire sous le titre de la Vierge, fondée en 1154 par Louis-le-Jeune, qui renouvela en 1160 la dotation de la chapelle de Saint-Nicolas que son père avait fait bâtir. Le titulaire de la chapelle de la Vierge recevait 2 muids de froment de rente sur Gonesse, 6 muids de vin du cru du roi dans l'Île-aux-Treilles, 30 sols parisis de cens pour le luminaire et toutes les offrandes.

(3) La grande châsse de la Sainte-Chapelle contenait les 20 reliques de la Passion du Christ données à Saint-Louis par l'empereur Baudouin : la Sainte couronne d'épines, une grande partie du bois de la Croix, un morceau de fer de la Lance, du manteau de pourpre, du roseau, de l'éponge, les menottes, la Croix de Victoire, du sang de Notre Seigneur, du sang miraculeux sorti d'une image de Notre Seigneur frappé par un infidèle, des Drapeaux de son enfance, du linge dont il se servit au lavement des pieds, du lait de la Vierge, de ses Cheveux, de son Voile, le haut du chef de Saint-Jean-Baptiste, du Saint Suaire, une Sainte face, un morceau de la pierre du Sépulchre, la verge de Moyse.

(4) Le titre de " Bonne Ville " était donné aux cités où le Roi venait résider. Joinville a écrit «  Les Parisiens sortirent en armes en si grande quantité, que, depuis Montlhéry jusqu'à Paris, le chemin était plein et serré de gens d'armes et autres gens ». Les Parisiens étaient assistés par 300 cavaliers du comte de Champagne.

(5) L'abbé Lebeuf écrit «  En 1540 il y eut plusieurs Lettres accordées à François Olivier, Chancelier de France, par le Roi Henri II concernant Montlhéry. Par celles datées de Moulins au mois d'octobre, il lui est permis d'acheter tous membres et portions aliénées de la Châtellenie de Montlhéry, Justice et Jurisdiction d'icelle. Par les autres qui furent données à Châtillon-sur-Loire le 3 novembre, il lui est accordé de pourvoir à tous les Offices de la Châtellenie par lui acquise du Roi sous faculté de rachat, et aussi aux Bénéfices du Château  ».

(6) L'évêque de Noyon et trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris était Charles de Balsac, fils de Thomas de Balsac et d'Anne de Longjumeau qui mourut en 1625, grand-oncle de l'héritier du seigneur engagiste de Montlhéry.

 

 

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