La censive de Longpont à Villiers-sur-Orge

Chronique du Vieux Marcoussy ----------------------------------- _------------------- --------- Novembre 2010

Plan d'intendance de Villiers-sur-Orge dressé en 1782.

C. Julien

 

 

 

Cette chronique relate les biens du prieuré N.-D. de Longpont à Villiers-sur-Orge (cant. Longjumeau, arr. Palaiseau, Essonne) dont nous avons évoqué la seigneurie dépendante de celle de Guillerville dans une chronique précédente. Ici, nous voulons évoquer les terres, vignes et masures qui constituaient la censive des moines clunisiens.

 

 

Le toponyme

Villiers , semble-t-il, tire son nom de la période carolingienne plutôt de vestiges gallo-romains (1). C'est à partir du VIIe siècle que les grandes abbayes parisiennes mettent en valeur le centre Hurepoix. Le monastère de Saint-Germain-des-Prés possède un grand domaine à Epinay-sur-Orge qui devient le vignoble des moines. Au VIIIe siècle, Villaris , Villerium , Villare (tirant sa racine latine villa ), désignant une partie de la villa carolingienne, donna la dénomination Vilers , Villers puis Villiers (2). Le village de Villiers-sur-Orge apparaît donc dans les textes dès le début du XIIe siècle, au moment où les nombreuses donations enrichissent le temporel du prieuré clunisien de Longpont (3).

Sur les cartes des XVIIe et XVIIIe siècles, le nom de Villiers apparaît sous diverses formes : Viller , Villers ou Viler. Sur la « Carte particulière des Environs de Paris  » dressée par l'Académie Royale des Sciences vers 1674, on peut lire Villiers , toponyme qui semble fixé dès cette époque. Guillerville est inscrit en tant que S. Caterine . Une mention surprenante apparaît sur la carte de Cassini ; c'est Chapelle Viller inscrite avec de la même nomenclature que celles des paroisses comme Linas, Villemoisson ou Epinay . D'autre part Longpont n'apparaît que sous la forme d'un lieu-dit en tant que «  Abbaye  ».

Il n'existait pas d'église à Villiers qui dépendait en partie, pour le spirituel, de la paroisse Saint-Barthélemy de Longpont (4). Une chapelle sous le patronage de saint Claude avait été construite au XVIIe siècle. Cet oratoire était desservi par un des religieux de Longpont qui y célébrait l'office. Dans l'inventaire du prieuré établi en 1790 sous l'autorité du maire Denis Hardy, on peut lire « Fondation de la chapelle St Claude à Villiers avec six arpents de pré en la prairie de Long-Pont et du Perray en plusieurs pièces exploitées par les Religieux qui se proposent de vendre la récolte prochaine par adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur que l'on veut évaluer quant à présent à raison de trente six livres l'arpent, ce qui fait 216 livres  ». C'est sans doute cette chapelle dont Cassini fait mention sur sa carte dressée en 1756.

Dans leur plaidoyer, les moines de Longpont adressent leurs vux à " l'Auguste Assemblée Nationale " pour la conservation du prieuré. «  L'un des religieux est curé de la paroisse dudit lieu laquelle est composée de quatre hameaux assez considérables, l'autre est vicaire et le troisième est desservant d'une chapelle sur l'invocation de St Claude fondée au hameau de Villiers par les seigneurs dudit lieu, , sa fondation qui n'est que de six arpents de pré qui ne vallent en revenu que 216 livres sont absolument insuffisants pour l'entretien d'un prêtre qui n'auroit que ce bénéfice, laquelle chapelle est essentiellement nécessaire aux habitans de ce lieu  ». Bien évidemment la supplique n'eut aucun effet et le prieuré de Longpont, comme tous les autres couvents en France, fut dissous et bientôt l'église fut fermée.

 

 

 

 

Les donations du XIIe siècle

Vers 1110, faisant son testament Evrard Choisis s'adresse aux moines de Longpont pour leur donner une hostise qui rend deux sols de cens à Villiers «  apud Villers unum hospitem reddentem duos solidos de censu  ». Sa femme Odeline et son frère Simon approuvent le legs pour le salut de son âme. Le jour de son enterrement, Odeline et sa sur Eremburge posèrent l'acte de donation sur l'autel de la Vierge à Longpont «  ex hoc donum super altare posuerunt  » (charte CCXXIV) . Quelque temps plus tard, c'est Hunger de Villiers qui accompagne Renaud de Villemoisson quand son fils Pierre prend le froc de moine à Longpont. La dot comprend la moitié de la dîme de Fourcherolles sur le terroir de Palaiseau (charte CXXXIX).

Vers 1150, Lucienne, fille d'Ogrin Le Riche, femme de Walter d'Orangis, lègue une vigne d'une contenance de deux arpents situés à Villiers située à coté du clos du sacristain de Longpont nommé Testelin «  duo arpenta vinearum juxta closum sacriste apud Vilers  ». La donation est faite devant le prieur Thibaut et tous les moines. Le sacristain reçoit une aumône de 12 deniers en témoignage de sympathie. Puis, Jean Ruffus d'Athis, le frère de Lucienne le seigneur dominant approuve le legs et donne deux sols au sacristain. Finalement, Foulque, moine de Saint-Germain-des-Prés, prieur du Breuil, qui reçoit le droit censuel, approuve la donation «  concessit hoc similiter & Fulcherius, monachus Sancti Gerlmani, prior de Brollio  ». Vingt ans plus tard, Mathieu, le mari d'Odeline la fille de Lucienne, contesta la donation de sa belle-mère «  avaricie veneno imbutus  », mais devant un jury réuni à Montlhéry sous la présidence du doyen d'Antony, un accord éteignit la chicane (charte CCCXLI).

Faisant ses affaires avant de mourir, Ranulf du Perray donne aux moines de Longpont, deux sols de cens de sa terre située à Villiers avec l'assentiment de sa femme Alburge que le sacristain reçoit pour acheter des cierges mis devant le crucifix. Ses fils Hugues et Robert, stimulés par l'avarice, font une tentative d'opposition à la donation, mais effrayés par l'anathème de l'église ils approuvent le don et offrant 7 sols au sacristain pour éteindre la chicane (charte CCCXLII).

Sur un parchemin du 12 mars 1290, nous apprenons les noms des seigneurs de Villiers «  A tous ceux que ces présentes lettres verront Pierre de Chastres, chevalier, et Guillaume de Guillerville, écuier, salut  ». C'est la fondation de quatre obits dans l'église de Longpont au profit de leurs ancêtres les seigneurs et dames de Villiers dont le chevalier Gui de Villiers, le chevalier Hue [Hugues] de Villiers et sa femme. La fondation au profit du curé de Longpont consiste en 5 sols de rente pour chaque défunt payés sur plusieurs rotures dont celle de Ginor dit l'Anglais, celle de demoiselle Isabiau dite Goinon.

 

 

Les censitaires de Longpont

En consultant l'inventaire des titres du prieuré Notre-Dame de Longpont, nous apprenons le nom des censitaires de Villiers. Le terroir était constitué par de petites pièces de terre où deux activités principales existaient : la vigne sur le coteau et la prairie en fond de vallée. D'ailleurs les foins ont toujours constitué la production agricole prépondérante à Longpont et les récoltes étaient vendues le plus souvent sur le marché de Montlhéry. Cet inventaire renseigne également sur le toponyme des chantiers de Villiers dont plusieurs d'entre eux ont gardé la dénomination jusqu'à nos jours.

Dans leur aveu et dénombrement de 1383, les Religieux déclarent posséder en «  la mairie de Longpont  » les dîmes de «  vin cavé  » sur les territoires de Longpont, Mesnil, Villebouzin, Guiperreux, Villiers et Montlhéry «  valent par année commune six queues de vin  » (5). Il semble que Villiers appartenait, pour la vigne, du canton dîmier de Longpont. De plus les moines déclarent «  Item au bout de la Salle de Villiers quatre arpents de friches doivent de cens à l'abbé de Saint-Germain-des-Prés trois sols et ne valent rien à présent. Item une pièce de vigne en ladite ville contenant cinq quartiers vaut par an seize sols  ».

Du 2 février 1466, vente par Jean Lemaistre l'aîné laboureur et sa femme Perrette demeurant à Linois à noble homme Pierre Petoir écuyer et procureur du Roy en la prévosté sur le fait des Eaux et Forests, d'un quartier de pré assis au terroir de Villiers, moyennant 22 sols parisis.

Le 24 avril 1467, bail à cens par les frères et surs de l'Hôtel-Dieu de Paris à Giraud Dubois, laboureur demeurant Villiers-sur-Orge, paroisse de Longpont de 2 arpents et demi ou environ d'aulnois assis au terroir de Villiers, lieudit le Petit Solier . A la charge de 3 sols 4 deniers parisis de cens envers ledit Hôtel-Dieu de Paris.

Le 21 mars 1487, bail à ferme passé devant le tabellion à Montlhéry par la communauté desdits religieux, à Guillaume Boynet demeurant à Villiers-sur-Orge, d'une pièce de terre contenant 9 arpents ou environ assis au terroir de Longpont lieudit Marcadie et de 3 autres arpents de terre assis audit terroir, lieudit Esotteruche , moyennant 4 sols parisis par arpent.

Du 13 août 1493, par devant Comtesse et son confrère, notaires au Châtelet de Paris, une transaction est passée entre demoiselle Guillemette de Vic, veuve de feu Jean Abin, en son vivant seigneur de Villiers et de damoiselles Catherine et Marguerite Abin filles et héritières de messire Abin et messire Guillaume de Condat, prieur commendataire du prieuré Notre-Dame de Longpont par laquelle lesdites veuve et héritières reconnaissent être détentrices et propriétaires de plusieurs pièces de terre assises au terroir dudit Villiers. Chargées envers le prieur de 20 sols parisis tant de cens que rente, payable le jour Saint-Martin d'hyver, et se désistent «  au profit dudit prieur de la propriété d'un quartier de pré sis en la prérie dudit Villiers pour demeurer quitte des arrérages de ladite rente et cens échus  ».

Le 9 novembre 1501, bail par les religieux de Longpont à Jean Poussin et Michel Ruelle, laboureur demeurant à Villiers de 4 arpents de pré, ledit bail pour six ans moyennant 20 livres .

Le 2 juin 1511, donation d'un quartier et demi de terre et pré situé au terroir de Longpont sur le chemin qui va de la Chaussée de Villiers par Antoine Barnon au profit de la confrérie Notre-Dame de Longpont.

Le 14 octobre 1513, reconnaissance de 2 sols parisis de rente à prendre sur un quartier de vignes au terroir de Villiers, lieu-dit la Mare , par Alain Chevalier au profit de la confrérie Notre-Dame de Longpont. Le 20 décembre 1518, bail à rente pour 8 sols parisis à Antoine Lovitache fils d'un quartier de vigne au terroir de Villiers, lieu-dit la Mare par les gouverneurs et recteur de la confrérie Notre-Dame de Longpont.

Le terrier du prieuré de Longpont dit «  Burgevin  » du nom du notaire royal de Montlhéry, établi en 1529, donne les censitaires sur les chantiers de Villiers. À Bouttemotte , près de Villebouzin ce sont Simon Molu, les demoiselles Simon Molu, Simon Mallet, Michel Meuvan, et Roger Lehnay qui cultivent leurs lopins de terre. Près de la Fontaine Daureault : les frères Guillaume et Julien Moisson, Guillaume Bourgonyn, Guillaume Diguet et Jean Nyon sont censitaires du prieuré. Au vignoble de Villiers, appelé le Verger , Philippe Joygnet et la veuve Martin Fortier soignent quelques ceps pour la consommation familiale.

Le 14 septembre 1540, moitié de bail à ferme passé par Denis Le Fournier, bourgeois de Paris, receveur de Louis de Sauteoye, prieur de Longpont à Boniface et Olivier Moisson, laboureurs à Villiers de 9 arpents 3 quartiers de pré au terroir de Longpont tenant les prés de la Marcoussis , pour l'espace de 4 ans, moyennant 5 livres 10 sols par ans (6).

Du 11 avril 1545, bail à ferme passé par la communauté des Religieux et prieuré de Longpont à Marc Frechet, marchand demeurant à Villiers de 5 quartiers de pré, ledit bail pour 9 ans moyennant 5 livres par an. Le 20 mai 1564, bail à ferme passé par Thomas Bordon, procureur de Longpont, à Henry Gardien laboureur demeurant à Villiers, de 5 quartiers de pré, ledit bail fait pour six ans moyennant 15 livres 10 sols. Du 29 janvier 1556, donation de 8 sols parisis de rente hypothéquée sur un quartier de vigne chantier dit le Pommier et 8 sols parisis sur un quartier de vigne chantier du Motart par Marc Frechet, marchand demeurant à Villiers et Philippa Sausson sa femme.

Du 20 janvier 1562, vente par Silvestre Moisson vigneron à Villiers d'une vigne moyennant 30 livres tournois. Le 25 novembre 1580, la vente d'un quartier de vigne chantier des Mascadées est passée par Jean Petit, vigneron à Marcoussis à François Le Feure, vigneron à Villiers, moyennant 6 écus. Le 14 juillet 1588, la vente d'un demi-arpent de vigne assis au chantier des Mascadées est passée par Michel Mugier, bourgeois de Paris, à Bonaventure Boudinet, vigneron à Villiers pour la somme de deux écus d'or sol.

 

 

Insinuations du XVIe siècle

Dans le registre d'inventaire des insinuations du Châtelet de Paris (XVIe siècle), on relève deux donations qui intéressent Villiers-sur-Orge (7).

Le 6 octobre 1545, Catherine Poullet, veuve de Guillaume Diguet, procureur du Roi au Trésor : donation à Claude Diguet, avocat du Roi au Trésor, son fils, de la moitié d'une maison et jardin à Paris, rue Beaubourg, vis à vis les étuves du Lion d'argent, " où soulloyt demourer ledict deffunct Diguel et icelle donatrice ", de la moitié d'une maison, jardin et vignes, "en ung pourpris", à Villiers-sur-Orge, appelée " la Meredieu ", avec des terres , vignes et rentes au terroir de Villiers, et un bois en la forêt de "Séquigny", et des droits sur des biens à Paris et à Charonne, à elle transportés par Jean Mauclerc et feue Catherine Diguet, sa femme, Guillaume Breteman et Michelle Diguet, sa femme, ainsi que sur une somme de 1.200 livres tournois, à elle restant due par Jeanne Diguet, veuve de Jacques Le Maistre, sa fille, et confirmation de la donation par elle précédemment faite audit Claude Diguet, d'une maison, à Paris, rue Saint-Germain, à l'enseigne du Miroir, à charge de fondation d'un obit en l'église de Saint-Merry .

Le 8 février 1559, Michel Poildechien, marchand, demeurant aux faubourgs Saint-Jacques-lez-Paris, et Marie Picart, sa femme : donation à Pierre Poldechien, leur fils, «  à ce qu'il ayt mieulx de quoy vivre, son estat maintenir en entretenir à d'advenir  », de la moitié d'une maison à deux corps d'hôtel, à Montlhéry, en la grande rue, et d'un jardin dans la rue du Château ; de vignes et terres au terroir de Gentilly ; d'une maison, avec jardin planté d'arbres fruitiers à Villiers-sous-Longpont (Villiers-sur-Orge) ; de vignes au terroir de Villiers ; de biens meubles et immeubles et ustensiles d'hôtel se trouvant dans la maison qu'ils habitent aux faubourgs Saint-Jacques, à l'enseigne de l'Image Saint-Jacques

 

 

Les titres des XVIIe et XVIIIe siècles

Le 10 décembre 1602, reconnaissance de 40 sols tournois de rente annuelle et perpétuelle affectée sur un quartier de vignes en une pièce assis au vignoble de Mesnil, chantier de Foux , passé par Pierre Moulu, vigneron demeurant à Villiers, paroisse d'Epinay, à cause de Denise Goix sa femme, au profit de Jean Dubois l'aîné, vigneron demeurant à Montlhéry rue Luisant.

Du 24 décembre 1602, reconnaissance de 10 sols tournois de rente annuelle et perpétuelle, par Etienne Bazille, laboureur demeurant à Petit-Vaux, hypothéquée sur un quartier de vignes en friche, assis au terroir de Villiers, chantier les Hautes Mollières , au profit des Religieux du prieuré de Notre-Dame de Longpont.

Le 10 février 1606, transaction passée entre Germain Daragon, vigneron demeurant à Villiers, paroisse d'Epinay, et Cantien Daragon son cousin de 30 sols de rente due à la confrérie de Longpont. Le 24 août 1610, bail à rente passé par Jean Bourdon, vigneron demeurant au Mesnil à Denis Pinoteau, vigneron demeurant à Villiers, d'un demi arpent de terre moyennant 32 sols de rente. Suivi du 10 février 1606. Le 24 février 1625, titre nouvel de 25 sols au profit de la cure de Longpont à prendre sur un demi arpent de vigne situé au terroir de Villiers, terroir des Molières par Pierre Bachelier, vigneron demeurant au Mesnil.

Le 15 avril 1640, bail à loyer passé par le fondé de procuration de Messire Michel Le Masle, prieur commendataire de Longpont à Julien Beauvais marchand demeurant à Longpont de 13 quartiers de pré ou environ sçis dans la prairie de Villiers près Longpont, ledit bail pour 6 ans moyennant 112 livres par an.

 

Le parc de la Maison Rouge à Villiers-sur-Orge (plan d'intendance).

 

Du 28 octobre 1641, échange passé entre messire Michel Le Masle, prieur commendataire de Longpont et messire Daniel ferry, conseiller du Roy, demeurant à Paris, lequel ledit Le Masle cède audit ferry un morceau de pré ruiné de sable, buissons, sis en la prairie de Villiers contenant 11 perches deux tiers et en contre-échange, ledit sieur Ferry cède un quartier de pré en une pièce en ladite prairie près le Mort-Rû , le tout en la censive de Villiers. Un autre échange a lieu de 21 mars 1644 entre les mêmes. Ledit Ferry cède audits prieur et religieux un quartier et demi de pré dans la prairie de Longpont près la Chaussée dudit lieu plus 3 quartiers de pré même prairie et un autre quartier dans la prairie de Villiers, et en contre échange lesdits prieur et religieux cèdent audit sieur Ferry 3 quartiers de pré en la prairie de Villiers chargés de 12 deniers de cens envers le prieuré.

Du 11 février 1642, abandon par Michelle Ferrat, veuve de Pierre Chartier, vigneron demeurant à Montlhéry, au profit du prieur de Longpont, d'une quarte et demie de terre sise au terroir de Villiers, au dessous du Pont à Langlois , chargée de 9 sols environ de cens et de rente envers ledit prieur et pour demeurer quitte de redevance des arrérages (8).

Du 26 décembre 1660, reconnaissance passée par Robert de La Porte et Louis Girardeau, vignerons à Villiers de 45 sols de rente hypothéqués sur 7 quartiers de vigne sis audit Villiers, chantier de Poil-de-Loup .

Le 27 décembre 1663, bail à cens et rente par la communauté des religieux à Gilles Bazille vigneron demeurant au Mesnil paroisse de Longpont, d'un quartier de vigne en friche assis au vignoble de Villiers champtier de Poil-de-Loup , en deux pièces de chacune demy quartier, moyennant 12 deniers de cens et 2 livres 5 sols de rente. Ce même jour Gilles Bazille passe une obligation par laquelle il déclare que quoique les héritages qu'il a pris à cens et rente de 46 sols au profit des Religieux de Longpont se trouvent par la suite ne pas être de leur censive, «  il ne cessera cependant de leur payer ladite rente de 46 sols par chacun an sans pouvoir prétendre aucun dommage ny intérêts. Ladite déclaration faite au proffit des Religieux de Longpont  ».

Le 26 avril 1671, titre nouvel de rente de 10 sols dus à la cure de Longpont à prendre sur un demi quartier, demi quarte de pré assis en la prairie de Longpont passé par Denis Pinotteau, vigneron à Villiers. 25 juin 1671, échange fait entre Dom Claude Rocques, curé de Longpont et demoiselle Thérèse d'Aubray, dame de Villiers, par lequel ledit Dom Rocques lui cède 5 quartiers de vignes sis au vignoble de Villiers dans l'enclos de ladite dame, et en contre échange, elle cède audit Dom Rocques un arpent et une quarte de terre au terroir de Villebouzin et 3 perches de terre au chantier des Bas-Defoux (9).

Le 30 septembre 1672, testament de Michelle Cordeau, veuve en dernières noces de Pierre Barnon, vivant vigneron à Villiers, par lequel elle donne à perpétuité à l'église de Saint-Barthélemy de Longpont 6 livres de rente annuelles et perpétuelles affectées sur tous ses biens et notamment sur une maison, jardin et autres lieux sçis à Villiers sur la Rue , à la charge par les curés dudit Longpont de chanter et célébrer tous les ans à la perpétuité un service de deux messes hautes avec vigiles devant l'autel de la paroisse à pareil jour qu'elle trépassera.

Du 31 décembre 1677, reconnaissance de 25 sols tournois de rente annuelle et perpétuelle payable le jour saint Rémy, affectée sur un quartier de vigne assis au vignoble de Villiers, chantier des Mares, passée par Pierre Bachelier, vigneron demeurant au Mesnil, paroisse de Longpont, au profit de maître Adrien Josse procureur en la prévosté de Montlhéry à cause de demoiselle Isabelle Dubois.

Le 19 avril 1691, permission accordée par les religieux et monseigneur l'évêque d'Orléans, prieur commendataire de Longpont à messire Camille comte de Bagliany de s'emparer d'un chemin qui est enfermé dans le clos de Villiers , à la charge par ledit sieur Bagliany d'en fournir un autre plus commode ailleurs.

Dans les mémoires du XVIIe siècle relatifs aux procès sur le «  droit de pesche  » dans l'Orge entre le Religieux de Longpont et les seigneurs voisins immédiats, on apprend que les moines se disent seigneurs de Longpont et à ce titre ils sont détenteurs du droit de pêcher «  dans l'étendue de la totalité du lit de la Rivière d'Orge, & des deux côtez & bords d'icelle, pendant l'espace d'une lieue franche ou environ, à commencer depuis le moulin de Carouge jusqu'à la Guayere de Villiers  » (10).

Le 2 avril 1706, titre nouvel de ladite rente affectée sur une maison et lieux sçis à Villiers en la cour commune avec Louis Darragon et autres, jardins en dépendants, passée par Denis Pinotteau, François Le Maître, vignerons et Françoise Pinotteau sa femme. Le 9 décembre 1732, titre nouvel de ladite rente du 2 avril 1706 par Simon Danne, vigneron et Claude Ledour à cause de Françoise Charpentier sa femme demeurant à Villiers au profit de la cure saint Barthélemy de Longpont.

Le 22 mars 1744, titre nouvel de ladite rente du 20 janvier 1699, par Louise Darragon veuve de défunt Etienne Audouare vivant vigneron demeurant à Villiers et François Audouare, vigneron audit lieu, héritiers de feu Etienne Audouare et Louise Darragon, ses père et mère au profit des Religieux, prieur et couvent Notre-Dame de Longpont.

Les biens du petit Couvent de Longpont comprennent (art. 2 de l'inventaire de 1790) «  cinq quartier s de terre au terroir de Longpont au dessous de l'enclos de la Maison Rouge dont la jouissance est abandonnée au seigneur de Villiers en exécution d'un projet d'échange par lequel ledit seigneur abandonne à la maison pareille quantité de terrain qui luy appartient joignant la propriété de la maison au-delà d'un nouveau canal de redressement de la rivière vis-à-vis lesdits 5 quartiers et au travers de la propriété dudit seigneur de Villiers lesquels 5 quartiers sont par luy affermés à Simon Martin moyennant 37 livres 10 sols  ».

Comme dans tout le Hurepoix, la période 1755-1758 fut désastreuse pour les habitants de Villiers. L'année 1755 fut très sèche et les récoltes furent mauvaises. Les années de 1756 et 1758 furent également mauvaises, la récolte des foins, majeure partie des revenus, fut perdue à cause des inondations de l'Orge. Les vendanges furent médiocres et la mauvaise qualité des vins ne permit pas une grande conservation dans les chais. L'été 1757 a été très chaud avec le mercure grimpant à 37°7 à Paris. Cette canicule fut suivi par de violents orages qui balayèrent la région parisienne, emportant les couvertures de tous les bâtiments. Les moines de Longpont présentent une facture de 3.100 livres à la diète de Cluny pour «  lez réparations des toits de tous lez batimens de la ferme  ».

 

 

Notes

(1) Le lecteur peut consulter : C. Audigié, Sainte-Geneviève-des-Bois, des origines à 1789 (Le Livre d'Histoire, 2006).

(2) Il convient d'être prudent lors du déchiffrage des vieux documents car il y a de nombreux Villiers en l'Ile-de-France. Ce sont les communes Villiers-sur-Marne, Villiers-le-Bel, Villiers-le-Bâcle, Villiers-Saint-Frédéric, Villiers-le-Maheu, Villiers-en-Bière, etc., les hameaux Villiers à Nozay et à Saulx-les-Chartreux.

(3) J. Marion, Cartulaire du Prieuré N.-D. de Longpont de l'Ordre de Cluny (Impr. Perrin et Marinet, Lyon 1879).

(4) Selon l'abbé Lebeuf «  Au temps des moines, le service paroissial était fait dans l'église même, à l'autel de la chapelle de Saint-Barthélemi, bâtie dans le transept septentrional et appuyée au mur du côté gauche du chur  ».

(5) Les mesures de contenance étaient complexes sous l'Ancien régime, variant d'un endroit à l'autre. La queue ou tonneau était le fût le plus grand qui valait quelque 900 litres à Paris. On conservait le vin en futailles de 223 litres 20 centilitres qui portaient le nom de poinçon à Longpont (quart de tonneau). Le muid ( modius ) variait considérablement selon les régions et selon la nature du contenu. Le muid de Paris , pour les liquides, contenait deux feuillettes ou 288 pintes soit 274 litres .

(6) La Marcoussis était un lieu-dit dans la prairie de l'Orge entre Longpont et Le Perray.

(7) E. Campardon et A. Tuerey, Inventaire des Registres des Insinuations du Châtelet de Paris (Impr . Nat., Paris, 1906).

(8) Le Pont à Langlois est le chantier proche du pont enjambant le Mort-Ru par l'ancien chemin dit d'Orléans (aujourd'hui rue de Verdun). Il doit son nom à la famille Anglicus qui habitait cet endroit vers 1100. Les chartes du prieuré de Longpont mentionnent à de multiples reprises les noms de Richard Anglicus, Geoffroy Anglicus, et son fils Simon « Gaufredo Anglico & Symone, filio ejus ».

(9) Le chantier de Foux était planté de vignes. Le toponyme vient du latin " fagus " (qui a évolué en "foul" et "fou") signifiant "le hêtre".

(10) Le contentieux sur le droit de pêche dans l'Orge a commencé avec le seigneur de Brétigny quand celui-ci obtint le titre de haut justicier par les lettres patentes du 22 juin 1610. La chicane continua tout au long du XVIIe siècle avec un procès impliquant les héritiers de messire François Martel. Une procédure fut également engagée en 1732 contre l'abbé Pajot de Dampierre, seigneur de Launay et St-Michel-sur-Orge.

 

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